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Partie 2 : La peur du regard des autres, comment s’en affranchir ?

regardJe vous parlais le mois dernier de La peur du jugement des autres et de ses origines. Ce nouvel article sera consacré cette fois aux solutions concrètes : quelles sont les techniques à adopter pour se libérer du regard des autres ?
Je sais que pour ma part, du fait de mon anxiété sociale, le regard des autres avait beaucoup pesé sur mon comportement au quotidien. Que ce soit que j’arrive dans une salle bondée, que j’attende sur le quai d’un métro, j’avais cette espèce de sensation désagréable d’être observé et laquelle ne me quittait jamais.

Là où ça devient plus préoccupant, c’est quand la peur excessive du jugement d’autrui empêche l’expression de nos aptitudes sociales. On est dans le paraître plutôt que dans l’être. On est tellement sensible à ce que va penser l’autre que l’on n’ose pas s’exprimer pleinement : parler de soi, extérioriser ses émotions, interagir avec l’autre…
Du coup, tout notre comportement (regard, conversation, attention) est inhibé et ce n’est absolument pas l’idéal quand on cherche à créer des liens. Alors comment vaincre la peur du regard des autres ? Explorons donc ces 7 solutions concrètes !


LA TIMIDITÉ SOCIALE OU L’ANXIÉTÉ SOCIALE, CE QUE J’AI REMARQUÉ :

Quand on est « anxieux » socialement, c’est souvent un calvaire. Je crois que ce terme n’est même pas exagéré du tout en ce sens que cette peur inconsciente et constante du jugement d’autrui peut se révéler une source de mal-être dans toutes les sphères de notre vie personnelle. Je parle évidemment en mon expérience d’ancien anxieux et phobique social.

Alors mon premier grand déclic, c’est de comprendre d’où tout cela provenait. J’ai remarqué que ce phénomène apparaissait… pas à n’importe quelle situation mais à des situations bien précises. Par exemple :

  • Quand je dois parler au téléphone et qu’il y a quelqu’un à côté de moi qui est susceptible de m’entendre, je ressens une immense gêne.
  • Quand je dois prendre la parole en public.
  • Quand j’arrive dans une salle bondée de monde. 
  • Quand sur mon lieu de travail, je sors de ma salle pour aller à une autre salle ou traverser un couloir, j’ai toujours cette impression pesante d’être observé.
  • Et même quand je suis seul chez moi… mais dès que le téléphone sonne !

En fait… toutes les situations banales de la vie quotidienne où autrui est enclin à porter un jugement à mon égard :

REGARD D’AUTRUI = GÊNE, MALAISE.

Je rappelle que c’est ça la vraie définition de la timidité sociale (= crainte inconsciente du jugement social) à la différence de l’introversion (laquelle relève plus d’un tempérament psychologique). La phobie sociale se situant sur le versant pathologique de la timidité sociale. 

 

LES 7 TECHNIQUES QUE J’UTILISE POUR VAINCRE LA PEUR DU REGARD DES AUTRES :

Vous avez compris : si on laisse s’étendre en nous cette sensation désagréable de se sentir observé et jugé, ça peut vite devenir un frein pour beaucoup de choses au quotidien. On a beau essayé de parler, de se livrer, de faire bonne face, il y aura toujours une part inconsciente de nous, ce fameux système d’alarme interne (S.A.I) qui réagit comme un bouclier : soit en nous mettant dans une attitude de retenue, soit en nous conduisant à l’évitement de la situation.

L’IDÉE c’est justement de s’attaquer à la racine même du problème de la timidité et d’essayer de court-circuiter ce mécanisme inconscient de la peur du jugement social.
Je pense, personnellement, que c’est le meilleur moyen pour vaincre la timidité sociale.

Imaginons la situation suivante : C’est le jour de la rentrée et vous devez manger à la cantine avec vos nouveaux collègues. Vous ressentez une certaine appréhension… Déjà rien qu’en traversant la salle avec votre plateau, puis pour rejoindre la table de vos collègues, il y a cette sensation désagréable de se sentir observé.
Moi qui ai bien connu tout cela, ça me paraît quasiment impossible d’être pleinement à l’aise avec les autres tant qu’il y a cette part inconsciente qui opère dans notre esprit. Voici donc les 7 différentes techniques qui m’ont aidé :

 


  • 1ère technique
    : FOCALISER COMPLÈTEMENT SON ATTENTION SUR LE MOMENT PRÉSENT

    Au lieu d’être concentré sur ce que vont penser les autres (« Que va-t-il penser de moi ? Ce que je dis est intéressant ? »), j’essaie de déplacer toute mon attention UNIQUEMENT sur ce qui se passe dans le moment présent. Un peu comme si j’éteignais volontairement ma machine à pensées et je laisse UNIQUEMENT mes sens (l’ouïe, la vue, l’odorat…) fonctionner.
    Exemple : À la cantine, lors des conversations, j’évite absolument de penser à la place des autres : ne surtout pas analyser ou anticiper le jugement de mon interlocuteur, sinon ça coupe nos attitudes réflexes !
    Au contraire, ce que je fais, c’est que je déplace toute mon attention sur ce qui se passe devant moi. Et je reste uniquement concentré sur le moment présent et à RIEN D’AUTRE : la phrase que mon interlocuteur est en train de prononcer, son sourire, mes émotions directes face à certains échanges et que j’ai envie d’extérioriser en participant… 


  • 2ème technique
     
    : SE DIRE QUE JUGER… C’EST DANS LA NATURE HUMAINE !

    Rappelez-vous de mon dernier article : j’expliquais que la peur du jugement d’autrui est un mécanisme psychologique normal et universel.
    Comme explique Dr Christophe André, l’anxiété sociale ou la phobie sociale est juste une appréhension exagérée du regard des autres (le système d’alarme interne qui est « déréglé »).
    Si vous avez peur du regard des autres, dites-vous que vous aussi, vous portez un jugement sur les autres.
    À méditer : D’ailleurs, vous qui avez sûrement plus tendance à observer les gens, ne pensez-vous pas que vous êtes plus enclin à porter des jugements hâtifs sur les autres que l’inverse ?


  • 3ème technique
     
    : NE PAS RÉFLÉCHIR, SUIVRE TOUT DE SUITE SES PREMIÈRES IMPULSIONS

    C’est la technique qui m’a personnellement le plus aidé. Au lieu de ressentir tout le poids intérieur de cette sensation d’être jugé laquelle entretient donc ma peur de prendre la parole, je fais confiance à 100 % à mes émotions directes, à mes impulsions, à mes envies spontanées sur le moment.
    Cette maxime peut se résumer par : « J’ai une impulsion, j’agis. » C’est ce que font d’ailleurs la majorité des gens, ils parlent parce qu’ils ont l’envie sur le moment, l’impulsion. Le timide lui réfléchit souvent avant de parler… et c’est bien là le problème !
    Exemple : Je suis à la cantine. Il y a une discussion en cours sur le dernier match de foot du PSG. (Ma première impulsion : pfffff, comme d’habitude, c’est Zlatan qui marque et sauve l’équipe !) Je l’exprime dans la conversation. (Nouvelle impulsion : j’ai un souvenir agréable de son but magnifique à la télé) Je l’exprime aussi. Plus tard, quand la discussion dérive sur de la politique, de l’économie… même si ça m’intéresse moins, ça ne m’empêche pas d’avoir des impulsions, des ressentis spontanés, un avis personnel, comme tout le monde. Et rien ne m’empêche de les exprimer après tout : « Je n’y connais rien en économie, moi ! » ou « Oui bon, la politique, c’est toujours les mêmes discours ! »
    Au final, quand on SUIT chacune de ses impulsions, ça remplit vite notre conversation…


  • 4ème technique
     
    :SE DIRE SIMPLEMENT « LE REGARD DE L’AUTRE M’EST ÉGAL. »

    Une autre technique que j’utilise, assez cash mais efficace, c’est se dire simplement : « Je m’en fous du regard des autres. » Pas forcément évident à appliquer, je conçois, mais en tout cas, ça m’a aidé de mon côté. Car il faut parfois un discours fort, tranché, envers ces valses cataclysmiques des ruminations intérieures… ;-)
    Exemple : Là où cette technique m’a bien aidé, c’est quand par exemple je devais entrer dans des salles bondées de monde et que je devais interrompre le cours d’un professeur pour lui parler (à cette époque, je travaillais comme assistant pédagogique dans l’Éducation nationale avec les symptômes de la phobie sociale !)
    Je me disais simplement : « Je m’en fous du regard des autres élèves. Je m’en fous s’ils se moquent de moi. J’y vais. » Ça contribue déjà à enlever une grande part de pression…


  • 5ème technique
     
    : RELATIVISER, ADMETTRE QUE JE PUISSE ÊTRE UNE PERSONNE FAILLIBLE

    Personne n’est parfait. Les moments de malaise, de silence, font partie des aléas de la communication humaine. Je ne peux pas tout le temps montrer une face positive de moi.
    Le nombre de fois où une personne a déjà eu des moments de blanc, de gêne, ne l’a jamais empêché par la suite de « sauver la face » lors de nouvelles situations où elle se sentait en meilleure forme.
    À méditer : Et supposons que les gens voient ce que nous voulons leur cacher, que se passera-t-il vraiment ? Est-ce une humiliation ? Vont-ils nous juger si sévèrement qu’ils ne nous adresseront plus jamais la parole ?


  • 6ème technique
     
    : SE DIRE QUE L’ATTENTION DES GENS EST TROP SOLLICITÉE POUR JUGER

    C’est une réalité : généralement, l’attention des gens est monopolisée par la discussion en cours. Les phrases, le rythme, le sens des propos, les émotions, tout un paquet de choses ! Les gens sont tellement engagés dans leur rôle de locuteur, à la fois préoccupés par l’image sociale qu’ils renvoient et la phrase qu’ils sont en train de finir de prononcer. Très rares sont ceux qui vont réellement porter toute leur attention sur nous.
    À méditer : Quand vous êtes en forme et que vous avez plein de choses à raconter : dans ces moments-là, prêtez-vous attention aux autres ou n’avez-vous pas plutôt l’impression d’être concentré seulement sur ce que vous dites ?

     

  • 7ème technique : REMPLACER LA PEUR PAR LE PLAISIR

    Enfin dernière technique, maintes fois évoquée sur le blog et certainement la plus saine et efficace à condition de trouver les ressources en soi. C’est d’essayer de trouver du plaisir dans les échanges avec les autres.
    Je vous renvoie à mon article du blog : Solution n°1 pour vaincre sa timidité : inverser la peur en plaisir.
    Exemple : À la cantine, au milieu de tous mes collègues, au lieu de focaliser mon attention sur l’image que je peux renvoyer aux autres (ATTENTION EN SOI), je déplace tout le mouvement de mon attention uniquement vers les autres (ATTENTION HORS DE SOI => VERS AUTRUI).
    S’intéresser sincèrement aux autres, laisser sa curiosité et son empathie aux commandes, prendre du plaisir à participer aux échanges. Se demander : Qui est vraiment la personne en face de moi ? Quel est son univers ?
    C’est une belle manière pour désactiver la peur inconsciente du jugement de l’autre car autrui n’est plus mon ennemi, mais il est devenu une source de motivation, de plaisir et d’envie de rapprochement.

 

CONCLUSION

Voilà les 7 techniques concrètes que j’utilise personnellement pour surmonter mon anxiété sociale et m’affranchir du regard des autres.
L’idée de cet article, c’est que quand on est – complètement ou en partie – tributaire du regard des autres, il est difficile de profiter du moment présent et de laisser s’exprimer nos aptitudes instinctives sociales.

Alors autant s’attaquer directement au noyau du problème, ce mécanisme inconscient de la peur du jugement social, celui-ci qui est à l’origine du phénomène de la timidité et dont on a vu à travers ce second article qu’il existe différentes solutions pour tenter de l’apprivoiser au mieux. 

Et vous, quelle(s) technique(s) utilisez-vous ? Lesquelles marchent le mieux sur vous ?

 

Si cet article t'a plu, n'hésite pas à le partager ou à écrire un commentaire ci-dessous. Cela me fera vraiment plaisir ! ;-)

(13 commentaires)

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  1. marie05

    :-)
    merci pour ce nouvel article Elde

  2. crusta

    Merci Elde ! Du concret, du personnel pour mettre en avant des principes théoriques qui ont fait leurs preuves, c’est toujours la meilleure recette.

    Je connaissais, et pratique, déjà toute une série de ces principes mais ces piqures de rappel font du bien et l’article va droit dans mes favoris.

    J’ai juste envie de rajouter un élément, qui peut paraître évident mais qui ne l’est sans doute pas.
    Ces principes/techniques se travaillent ! Il ne s’agit pas d’en essayer quelques unes 30 secondes et puis de dire « je vois pas trop la différence, j’y arrive pas, ça ne marche pas pour moi, le problème est ailleurs », il faut se conditionner avec, se les rappeler tant qu’il le faut et les pratiquer, pour qu’elles s’intègrent vraiment et soient pleinement efficaces.

  3. https://www.promethee-devperso.com

    Merci pour vos commentaires, marie et crusta. ;-)

    crusta : J’essaierai à l’occasion de développer un article sur l’introversion et la différence principale avec la timidité. Car l’introversion, c’est encore autre chose. C’est dans mes projets d’articles… quand j’aurai plus d’éléments en ma possession. ;-)

  4. figolu

    Excellent article, qui comme d’habitude montre la voie à suivre : des points à travailler, appliquer au quotidien comme l’a justement dit crusta pour se sentir mieux, on se sent mieux alors on continue et ainsi de suite … un cercle vertueux :)

  5. Psychosophe

    On sent que ton vécu, ton expérience, parlent au travers de cet article.
    Encore chapeau pour l’aide que tu vas apporter à ceux qui sauront comprendre l’essence de ton texte.

  6. Hervé

    Très bon dossier, j’espère que ça aidera les gens qui vivent cette anxiété sociale. J’ai été pendant longtemps confronté à cette phobie, et ce n’est pas une fatalité, et quel bonheur de pouvoir enfin ne plus craindre les rapports sociaux! Ton 7ème point est essentiel, inverser la peur en plaisir c’est un excellent conseil! Et laisser un peu aller, arrêter en effet de croire que les gens passent leur temps à essayer de nous juger en mal, car on se rajoute une pression inutile.
    Hervé Articles récents…Arrêtez de survivre, vivez vraiment!My Profile

  7. do

    merci beaucoup ca m’a fait reflechir. Je savais qu’il y avait des gens comme moi ‘ timide ‘ mais je pensait pas qu’ils ressentent ce que je ressent merci beaucoup d’avoir mis ces conseils :-) mais c’est tres dur de faire tous ca moi je veux mais je n’y arrive pas ! Mais merci quand meme. :-)

  8. paolo

    J’apprécie ce texte, trés bien écrit, détaillé, avec des exemples parlants.
    Bravo et merci pour votre formidable travail qui j’en suis sûr en aidera plus d’un..

  9. Sergio

    Bonjour

    J’ai pensé donner mon point de vue sur la timidité.

    J’en ai beaucoup souffert. On disait que j’étais un enfant timide. À l’adolescence ce fut encore pire. J’ai quitté mes études à cause de cette timidité qui était devenu chronique. Je ne pouvais plus continuer.

    Avez-vous remarqué que l’on parle beaucoup plus des gens timides que de ceux qui intimident les autres ?

    Que fait une personne qui cherche à intimider une autre ? Lui faire peur, la menacer, la dévaloriser (souvent par des moqueries) etc. Ainsi, les timides se sentent menacés, dévalorisés ; rien d’étonnant à cela.

    On peut être à peu près certain que la plupart des enfants timides n’ont pas apprit à s’affirmer ; on ne leur a pas apprit à s’affirmer serait peut-être plus exact.

    Qu’en pensez-vous ?

  10. Maude

    Bonjour Elde,
    J’ai découvert votre blog en lisant cet article, puis j’ai enchaîné avec 5-6 autres articles ! Je tiens à vous féliciter pour la clarté des articles, l’intérêt de leur contenu et des outils concrets que vous proposez.
    Bonne continuation dans ce projet
    Merci

  11. Rose

    Bonjour Elde,

    Merci pour cette article dans lequel je trouve les techniques proposeés bénéfiques

  12. Bergelin Mélanie

    Bonjour, j’ai lu les 2 articles car se sujet m’intéresse de plus en plus, en effet je suis exactement tous se que tu décrit, mon seul soucis c’est que les gens pensent que je n’ai pas confiance en moi, même si c’est lié je pense au contraire de leurs opinion, parce que je me connais bien et que j’aime ma personnalité, même si je suis en effet un peu timide avec les étrangers et introvertie. Mon soucis est que j’ai repris des cours de musique depuis maintenant 6 mois et quand je doit jouer mon prof me regarde (évidement c’est sont boulot) et du coup je tremble beaucoup et je deviens cette chose fragile qui n’arrive à rien, il n’arrête pas de me dire de me détendre et que je n’ai pas confiance en moi … et du coup j’ai dus mal à concilier les « techniques » que tu donne dans ton articles … je trouve cela plutôt abstrait, dans le sens où ce n’est pratiquement qu’un travail mentale que je ne peux pas faire quand je suis concentré à faire autre chose.. merci pour ta réponse si tu peux..

  13. Rose

    Bonjour,

    Je trouve les techniques 1 et 3 super. Je vais les mettre en pratique.

    Merci beaucoup de les avoir partagés.

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