précocité intellectuelleAyant travaillé dans l’Education Nationale, j’ai souvent eu affaire à des enfants dits « précoces » ou « surdoués ». Une fois, dans mon ancien collège, lors d’un atelier d’aide aux devoirs, j’avais repéré au bout de quelques secondes un élève surdoué à sa façon de parler et de raisonner, d’employer des termes abstraits ou de résoudre rapidement un problème complexe de façon intuitive. Pendant les pauses, il préférait aller au CDI pour lire des bouquins, faire des recherches sur ses sujets de prédilection, l’astronomie et la préhistoire, tandis que les autres adolescents étaient dans la cour de récréation à discuter et à jouer entre camarades. Sa mère présente ce jour-là m’avait confirmé que son fils était bien « détecté » suite à un bilan psychologique. Elle ne voulait cependant pas que son fils aborde ce sujet dans les discussions à l’école car la précocité intellectuelle reste évidemment un thème des plus tabou, n’attirant généralement que des réactions de rejet ou d’incompréhension. De plus, le terme « surdoué » dérange souvent les différents interlocuteurs et l’on préfère des expressions à valeur d’euphémisme comme « précoce » ou « haut potentiel ».
En fait, il n’est pas difficile de reconnaître un surdoué, surtout à l’âge adolescent, car l’enfant manifeste des facultés intellectuelles évidentes ou un niveau de maturité très en avance pour son âge, telle une « âme d’adulte dans un corps d’adolescent. » Il présente un profil cognitif très particulier dont les caractéristiques qui sautent le plus aux yeux sont la curiosité, la vivacité, le perfectionnisme.

Il existe une quantité d’ouvrages et de manuels de psychologie sur les enfants et adultes surdoués, les plus connus et médiatisés étant ceux des psychologues Arielle Adda (L’enfant doué : l’intelligence réconciliée) et Jeanne Siaud-facchin (Trop intelligent pour être heureux ? : L’adulte surdoué). Personnellement, je déconseille ces deux auteurs car elles sont critiquées par une majorité d’internautes pour aborder la précocité intellectuelle sous le spectre du mal être psychologique et créer un effet Barnum. De l’avis de beaucoup de lecteurs, le livre de Cécile Bost (Différence et souffrance de l’adulte surdoué) est plus en phase avec la réalité et le vécu des adultes surdoués grâce à une approche cognitive et à des explications basées sur les travaux scientifiques en neuro-physiologie.

 

Je me contenterai ici de publier un récapitulatif des 9 points essentiels à comprendre sur la précocité intellectuelle :

1) Par définition, selon les dictionnaires, un surdoué désigne un individu doté de capacités intellectuelles très supérieures à la moyenne. On utilise aussi les qualificatifs de « doué » (douance), « précoce » (précocité intellectuelle), de « haut potentiel » (HP), de « surefficient mental ».

2) D’un point de vue quantitatif, un surdoué possède un quotient intellectuel supérieur à 130 au test de QI et appartient au 2,5 % de la population générale.

3) D’un point de vue qualitatif, les caractéristiques psychologiques du surdoué généralement citées sont les suivantes : hypersensibilité, esprit cérébral, grande avidité de connaissances et de découvertes, capacités d’empathie, excellente mémoire, perfectionnisme, idéalisme, tempérament solitaire et rêveur, tendance à intellectualiser en permanence, etc…

4) Dans son comportement individuel, cela se traduit souvent dès l’enfance par un fort désir d’apprendre à lire avant l’âge de six ans, d’où un apprentissage précoce de la lecture. Ses caractéristiques psychologiques et intrinsèques l’amènent à manifester en surface : un intérêt excessif pour les encyclopédies et les problèmes métaphysiques de l’Homme, un comportement autodidacte et une rapidité d’apprentissage, un vocabulaire étendu et une tendance à parler de façon formelle ou encyclopédique, un attrait pour les jeux compliqués et les énigmes, un intérêt obsessionnel pour un sujet particulier pouvant changer subitement, des difficultés à se plier aux exigences des autres concernant un travail, etc…

5) Dans son comportement par rapport aux autres, le surdoué se sent en décalage avec les autres à cause de son sentiment de différence. Chez l’enfant surdoué, compte tenu du rythme biologique de développement cognitif supérieur à la normale, celui-ci a un âge mental en avance d’une ou de plusieurs années par rapport à son âge réel, physique et affectif. C’est pour cela que l’enfant est dit précoce et que l’on voit souvent des enfants surdoués raisonner déjà comme des jeunes adultes. Ils sont plus matures que la moyenne des enfants en raison de leur fonctionnement cognitif différent. Leurs aptitudes intellectuelles et capacités rapides d’apprentissage ont pour conséquence le sentiment permanent de l’ennui à l’école. De même, leurs centres d’intérêts, n’étant généralement pas ceux des enfants de leur âge, les mettent parfois à l’écart. Si la plupart d’entre eux recherchent la compagnie d’enfants plus âgés ou d’adultes, c’est donc parce que le sentiment de décalage se réduit à leur contact.

6) La détection des surdoués se fait par le biais d’un test de QI passé chez un psychologue professionnel. Comme le rappelle Jean-Charles Terrassier, psychologue spécialiste des surdoués : « Tous ces traits de personnalité ne sont que des indices, seuls les tests psychométriques classiques effectués par des psychologues permettent d’attester la précocité intellectuelle de l’enfant. »
La plupart des surdoués ont été détectés durant leur jeunesse à l’école. D’autres le découvrent plus tard à l’âge adulte avec un sentiment de frustration tout en comprenant mieux l’origine de leur sentiment de décalage par rapport aux autres. Dans bien des cas, un enfant surdoué a un des deux parents qui a été lui-même un enfant précoce. Toutes les informations concordent à dire que le surdouement a une origine innée.

7) Contrairement aux idées reçues, le surdoué n’est pas forcément un élève brillant à l’école. La plupart des enfants précoces se retrouvent en échec scolaire à cause de leur difficulté d’adaptation et de concentration en classe. Le surdoué n’est pas performant dans tous les domaines : il peut être très brillant en mathématiques et mauvais en littérature ou vice-versa. Dans les médias, on assiste souvent à une caricature de l’image du surdoué représenté comme un enfant prodige qui a obtenu son bac à l’âge de 14 ans seulement. Surdoué et génie sont deux notions complètement distinctes. Par exemple, le journaliste Patrick Poivre d’Arvor et l’actrice Jodie Foster ont sans aucun doute été des enfants surdoués à l’école en sautant plusieurs classes. Picasso et Shakespeare sont eux des génies.

8) En réalité et c’est le point le plus important : le phénomène de l’enfant ou de l’adulte surdoué est beaucoup plus ordinaire que le veut la croyance populaire dans la mesure où l’on a déjà tous rencontré des surdoués sans le savoir que ce soit à l’école ou sur le lieu de travail. Le surdouement s’agit avant tout d’un état psychologique, d’un fonctionnement cognitif différent de la norme : capacité d’analyse aiguisée de l’environnement, pensée en arborescence, rapidité dans le traitement de l’information, pulsion de savoir, besoin permanent de stimuli intellectuels, etc…

9) D’un point de vue neurobiologique, différentes pistes de recherches sont évoquées pour comprendre ce qui diffère un « cerveau surdoué » d’un « cerveau dans la norme ». Cela ne dépend pas du volume du cerveau mais du « câblage » du cerveau. Les différences se situeraient au niveau du développement du cortex pré-frontal (siège de la mémoire de travail) et du processus plus important de myélinisation des neurones, permettant un traitement de l’information plus rapide chez le surdoué.

 

Pour conclure et donner un ordre d’idées sur la différence entre un « individu surdoué » et un « individu brillant scolairement », je me permets de citer ce passage que j’avais écrit dans un journal :

« De mon observation, le caractère des surdoués correspondait bien à ce qui est décrit dans les portraits psychologiques, je les trouvais en effet beaucoup plus réfléchis, curieux et vifs d’esprit que le commun des mortels, avec cette forte propension à tout intellectualiser. Ce sont des gens cérébraux, plus portés par le monologue intérieur que par l’instinct. L’on peut reconnaître par exemple un surdoué par sa façon formelle de parler et de raisonner, d’utiliser un vocabulaire riche et sophistiqué, ou bien à sa manière de communiquer émotionnellement une passion. La curiosité est le trait de personnalité le plus marquant et flagrant : les surdoués sont des amoureux du savoir, dévorent la connaissance comme une nourriture, et ce depuis le plus jeune âge. Ce qui n’est pas forcément le cas de tous les gens brillants ou ceux catégorisés « premiers de la classe », leur potentiel découlant principalement de bonnes dispositions intellectuelles et de capacités de travail. Ces derniers ne sont pas obligatoirement des gens cérébraux, happés par une pulsion de savoir. C’est là toute la différence subtile entre une « personne brillante » et un « surdoué ». Sans doute pour des raisons neurologiques, le fonctionnement du cerveau d’un surdoué est conditionné par un besoin plus important de stimuli intellectuels, ce qui explique qu’en surface, le surdoué extériorise une attitude impulsée par son propre état psychologique : besoin de tout disséquer en permanence, faisceau d’interrogations existentielles, recherche systématique de relations et d’expériences stimulantes, etc… Ainsi, les surdoués que je rencontrais correspondaient tout à fait à ces descriptifs, certains m’impressionnèrent par leur fulgurance de pensée : on le sent à un débit très rapide de paroles, à une vitesse de raisonnement, à un « fleuve » de flots de pensée. D’autres me surprirent par leur tendance à intellectualiser les choses les plus anodines. »

 
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Cet article a 11 commentaires

  1. Salut je m’apelle Mohamed j’ai actuellement 19ans,je lis dans ton site le comportement d’un surdoue,je suis tres impressione par la poste sur le surdoue, se poste convient a peu pres de moi car a 6ans je savais bien lire,depuis tous petis je suis impresione par la lecture,je suis tres curieux et je l’ai toujours,depuis tous petis je suis impressionet par le domaine physique,en posant la question a mon pere le domaine de satellite,et je dis le cas du telephone comment quelqu’n a l’autre bout du monde et l’autre ici peut se communiquer,et aussi pour l’avion etc etc,,,qu’an j’etais en classe meme actuellement l’ors du cour j’ai des imagination et des reves, enfin se que je veux dire c’est une manque de concentration,et je remarque que je suis autodidacte parceque le cour qui est dans mon cahier j’apprend pas sa et j’apprend d’autre par exemple dans un livre,ou dans le cahier de quelqu’n D’autre que j’apprend meme en apprena j’ai des imagination de reve, et aussi l’ors du devoir par exemple la definition je prefere donne une autre definition qui n’est pas dans mon cahier,des fois la pratique direct dans la vie,j’aime pas apprendre ma lecons mais je veux comprendre la lecon d’abord,je peux pas biche mais je veux comprendre,j’ai ete premier qu’une seule fois en 5eme anne de ma classe,et en plus de cela mayonne reste passable et des bien mais je ne fournis auqun travaille personnelle a la maison je suis bien en culture general,mais se qui me faitigue est mon imagination et je reve trop a lecole et meme a la maison j’aime les grand scientifique et des mathemathiciens et physiciens comme pythagore,thomas alpha edisoon,Einsten,Blaise pascal des grand scientifique etc etc…et j’ai remarque que mon intution est trop devellope mon 6eme sens mai mon propre probleme est mon imagination et je reve trop,j’aime les math et physique mais je suis pas brillant dans sa,mais en litterature et philosophie je suis bien,j’aime la science depuis tous petis jusqu’a maintenant j’ai le plaisir de invente,de faire ma propre creation,mais en conclusion je pensent que je suis un surdoue et doue,maisc’est a vous de me le dire?

  2. Bonjours à tous, s’il y a 2 à 3% de la population qui ont des capacités ou facultés supérieures au reste de la population alors il est tout aussi probable que dans ces 2 à 3 % de surdoués il y ait aussi 1 ou 2 % ( par exemple) de personne qui ont des capacités ou facultés super voire méga supérieure au reste de cette population. Mais apparemment personne ne s’en occupe de ces méga- génies qui sont tout autant probablement rejetés par les surdoués que les surdoués par l’ensemble de la population. Alors imaginez de quelle manière les méga- génies sont rejetés par l’ ensemble de la population…Je suis moi-même un méga- génie ou mégadoué.

    Mohamed : probablement que c’est ce qui définit les personnes « hors normes intellectuellement » de reconnaître le travail de la raison qui par elle même définit les » concepts » ou autres notions, indépendamment en partie, de ce que tu reçois de l’exterieur. Peut- être qu’il y a une explication à tes résultats scolaires actuellement. Pour ma part je n’ai aucun diplôme, j’ai toujours été humilié et insulté par les professeurs en France, j’ai toujours été rejeté,brimé, brisé, agressé, etc… Je suis hors norme par rapport aux hors normes.

  3. salut,je suis tout ta fait d’accoord avec toi,tu sais les surdoue sont tres rare vis le nonbre de la population,2ou3% de la population,pour savoir si tu es reellement surdoueil faut une teste de quotient intellectuel,pour le test de Albert Einsten a attegnit 160%de qi,et une petite fille anglaise dont lui162%,dont 2% plus q’Einsten,d’apres mes recherches les surdoue souffre beaucoup surtout a l’ecole,tu peut etre un surdoue et tres nul en classe,la plupart des surdoues ont une echec scolaire,voici quelque critere chez les surdoue:-imagination debortante,et reveur,-bonne memoire,amis avec des persones plus age que lui,manque decontration,il est different avec ses amis comme intellectuel esprit imaginaire et creatif,bref les surdoues sont des gens dont leurs intelligences sont superieure a la normale

  4. Les surdoués sont bien différents, cette citation l’illustre bien : « Toutes personnes d’une intelligence légèrement supérieure à la normale ne pourraient s’empêcher de poser les questions liées à notre existence sur cette terre, du destin de l’humanité, de notre civilisation future et de l’existence après la mort. » Charlie Beers dans Justification rationnelle de notre existence éphémère.

  5. bonjour,

    Merci tout d’abord pour cet article.
    A présent, je souhaite revenir sur certains points que vous évoquez. Albert einstein n’a jamais fait de test de qi, ce n’est donc que des suppositions quant à son chiffre de qi. D’autre part , il existe plusieurs tests de qi : le cattell ( pratiqué à l’étranger ) et le wais wechsler pratiqué en france donc lorsqu’on évoque un qi , on doit alors distinguer si c’est le catell ou le wechsler

    Un QI de 130 au Wechsler est équivalent à un QI de 148 au Catell et correspond à 22,750 personnes pour 1.000 soit environ 2,28% de la population (1 personne sur 44).
    Un QI de 150 au Wechsler est équivalent à un QI de 180 au Catell et correspond à 0,429 personnes pour 1.000 soit environ 0,04% de la population (4 personnes pour 10.000 soit 1 personne sur 2.330).
    Un QI de 160 au Wechsler est équivalent à un QI de 196 au Catell et correspond à 0,032 personnes pour 1.000 soit environ 0,003% de la population (3 personnes pour 100.000 soit 1 personne sur 31.560).

  6. Bonjour,
    Je fais des recherches quant à la précocité intellectuelle. Il y a certaines réponses que je ne parviens pas à trouver.
    Je vois ici que le dernier commentaire posté date du mois d’avril. A vrai dire, l’article publié ici me plait beaucoup et j’ai l’espoir que quelqu’un de qualifié me réponde.
    Lorsqu’un adulte surdoué ou un génie ignore ses réelles capacités intellectuelles (et dans bien des cas, il souffre sans comprendre pourquoi), comment peut-il détecter sa différence? Il ressent la différence sans pouvoir la nommer.
    quels sont les divers moyens de nommer cette différence?
    Comment peut-on repérer cette différence chez un adolescent en échec scolaire? Je parle d’un adolescent en souffrance parmi ses congénères? Que faut-il faire pour aider ces hommes quand le diagnostic n’a pas été posé? Y a-t-il d’autres moyens de chiffrer un QI que celui du test chez le psychologue?

    Je dois m’arrêter ici, sans quoi je posterais des dizaines de pages et vous vous désintéresseriez….
    Aidez-moi à répondre à ces premières questions svp, cela m’éviterait des heures de recherches, heures précieuses dont j’ai besoin….

  7. Me concernant j’voudrais vous remercier pour votre article. Nous avons besoin de cela pour que nous nous connaissons.
    Merci à vous ! Et continuez davantage.

  8. Bonjour,
    Tout d’abord, c’est un super article qui m’a permis de faire le point avec ce que je savais deja, mais c’est toujours rassurant de ressentir comme une forme de reconaissance.
    De mon coté, je sais que je surdouée, j’ai une faculté à réflechir tant bien de facon intellectuelle, que comerciale, que psychologique/philosophique. Je suis tout et rien en meme temps.
    J’ai 25 ans, et j’ai créer mon metier, manquant de stimulation intellectuelles, j’ai décidé de reprendre mes études en médecine.
    J’ai une capacité enorme de compassion, qui me pause quelques fois préjudices, et à deviner également la pensée des autres. Depuis dix ans je joue de la guitare, que j’ai apprise toute seule, donc je suis artiste aussi !!

    Cependant, j’ai connu quelques surdouées, et je me sens souvent rejeté par eux, car ma facon de penser et d’etre va encore plus loin !!! Ils ont tendance à être plus restreint par la morale, mais moi Non !
    Je suis capable de m’embarquer dans n’importe quel follie, car je sais que je ne me perdrai pas.
    Quel est la definition de la folie au finale ? C’est perdre la tete et ne plus la retrouver ?
    Parce que moi je perds la tete dans mon obsession a tout decortiquer, mais apres je la retrouve.
    Et je ne m’oblige pas a suivre des codes en fait, dans ma tete ca va dans tous les sens, mais le plus impressionant c’est que dans ce bordel, il y a une structure !

  9. Olivier, je te rejoins concernant les THQi/E dont personne ne parle vraiment (dans les recherches, je n’ai rien trouvé de probant ) . Et je ressens ce décalage dont tu parles vis-à-vis des HPi ou HPe que j’ai pu rencontrer, côtoyer, etc
    je suis même allées une fois à une IRL de surdoués dans ma ville, et je me suis sentie comme avec des normaux pensants, qui plus est inconnus, donc plus mal qu’avec mes amis ou même mes connaissances NP.

  10. Merci pour l’article !
    Je me retrouve dans plus de 80% des symptômes
    Le problème est que je suis en Afrique et précisément en rdcongo, ces histoires des test n’est pas répandus et fiable.
    Que faire pour m’épanouir ?
    Je me sens de plus en plus seul même dans la foule, je n’arrive pas à fixer les regards des gens !
    Bref, je suis bizarre et en même temps très intelligent dit-on,
    Très anxieux…..

  11. je découvre depuis peu tous ces articles et témoignages sur les adultes surdoués et cela me donne les réponses, à travers eux à tout le mal être de ma vie, hum, et j ai 66 ans, il était temps que je sache !!
    je ne me suis jamais sentie folle comme l’expliquent certaines mais j ai toujours ressenti un mal être, une différence, un décalage par rapport aux autres , une difficulté à m’intégrer, à l’école , au bureau, grrrr, 2 endroits que j ai particulièrement détestés, dans ma vie d’adulte, les petites conversations du quotidien me barbaient ; j’observais et je me demandais souvent ce que je faisais là comme si j’avais été supérieure à tous ces gens qui parlaient de leur petit train train ….
    my god , pourtant non je ne l’étais pas car au fond de moi , je me suis toujours sentie médiocre n’ayant jamais fait d’exploit ni fait avancer la science et encore moins l’humanité !
    bon, il est vrai que ma vie depuis ma naissance fut semée de plus d’embûches que de joyeux moments, et ces embûches ont bien freiné mon épanouissement ! chacun son karma comme l’on dit !
    lorsque j’ai eu ma Fille, à la sortie de l’école , je ne m’attardais jamais ceci afin de ne pas bavarder avec les autres mères, ces bla bla pour ne rien dire me pompaient , excusez la familiarité, et je ne me sentais bien que dans ma solitude, mes bouquins, mes lectures, apprendre, vouloir connaitre, faire des recherches sur des choses que je découvrais, merci le net aujourd’hui sur ce plan là. Comme lu dans beaucoup de témoignages, moi aussi je suis une hypersensible et dans ce monde de brutes, c’est la pire des choses ! comment y être heureux lorsqu’on décortique tout à notre corps défendant ( cerveau je dirais) qu’on a tout compris très vite de la vie , de la bassesse souvent des sentiments humains dont j’ai eu tant à souffrir !
    petite , à l’école , aux récréations , assise sur un banc, je m’interrogeais en me disant : « mais pourquoi suis- je ainsi, à regarder et observer ce qui m’entoure, triste trop souvent, isolée, pourquoi je me refuse le bonheur,
    pourquoi alors que tous les autres enfants rient ,jouent, crient, semblent insouciants et moi non !
    j’ai vécu chez mes Grands Parents à partir de 10 ans et au fond ce que j’étais a été presque une chance sur ce plan car mon Grand Père était un homme érudit qui m’a traité en adulte dès mon arrivée et ça ne m’a pas dérangé d’avoir sauté la case enfant avec lui ! il m’emmenait partout dans ses associations de journalistes, au théatre, écouter de l’Opéra, que sais je encore, chaque année nous partions à la découverte de la France et de ses merveilles ! j’adorais ; une autre enfant se serait ennuyée seule avec ces deux personnes agées, moi pas, je m’évertuais à toujours leur plaire et leur faire plaisir, ce souvenir m’est encore doux aujourd’hui , il m’aide à vivre, mais il n’y eut pas que ce beau côté de la vie, d’autres adultes que lui à la même époque m’ont meurtrie par leurs comportements et être mûre et très en avance comme je l’étais , paradoxalement, m’a aidé à supporter leurs travers et la dureté que fut ma vie ! mon Mari est mort brutalement il y a peu, je comprends bien des choses à son propos car nous étions semblables, nous nous étions bien trouvés, lui aussi était tellement en décalage avec la vie, il est parti sans savoir le pourquoi de ce mal être que je ressentais en lui, quelqu’un de surdoué ça c’est sur qui ne s’attardait pas aux choses banales de la vie , il a été souvent dans ses rêves et c’est tant mieux !
    je suis seule aujourd’hui et si je ne suis pas arrivée à dompter mon chagrin de son absence , je dompte ma solitude grâce au fait que mon cerveau fonctionne de trop… et que je suis obligée de répondre à ses attentes, rires !! pourtant comme j’aimerais bien qu’il y ait un petit bouton qui me permette souvent ( ou pour toujours) de l’arrêter, je chercherai la sérénité jusqu’à ma fin ! j’y travaille pour arriver à vivre !

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