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timidité sociale

Qu’est-ce que la timidité sociale ? Elle concerne la timidité ressentie dans les rapports sociaux. Elle est différente de la timidité amoureuse et ne met pas en jeu les mêmes règles.
En effet, il existe des codes sociaux universels dans une rencontre quand une personne est en « interaction sociale » avec une autre.
Le regard, le sourire, la conversation sont des supports importants de la communication entre les individus. Ils participent à la « magnétisation sociale » entre deux personnes. Si votre regard est sans cesse fuyant, votre sourire crispé ou que vous manquez terriblement de conversation, le malaise se ressentira vite dans l’interaction. Il n’y aura pas attraction, mais un effet de répulsion.
Votre interlocuteur finira par s’éloigner ou vous éviter afin de préserver sa face. C’est le problème que rencontrent la plupart des timides sociaux : ils ont du mal à interagir avec les gens et maîtrisent mal les codes sociaux à cause de la peur inconsciente du regard d’autrui.


Voici un exemple de situation vécue par une personne phobique sociale pour se donner une idée :

« Lors d’une interaction, on respecte le temps de parole de l’autre, les regards et les silences sont contrôlés, tout est fait pour ne pas couper le flux de l’échange. Mais lorsqu’une personne rate sa prestation, celle-ci peut éprouver une certaine honte et le malaise gagne les participants. La conversation n’est plus maintenue, elle fléchit, perd de sa vivacité, voire s’interrompt. Les signes objectifs de l’embarras sont nombreux : rougissement, voix changeante, regard fuyant, sueurs, mains tremblantes, gaucherie, distraction et incongruités. Autant de signes répandus chez la personne phobique sociale que l’on sait très vulnérable dans les situations d’interaction en raison de ses difficultés à soutenir une conversation, à être naturelle, à garder son sang-froid. Á cause d’un blanc qu’elle n’a pas réussi à combler, elle perd le contrôle de ses expressions et baisse la tête. Son interlocuteur fait semblant de ne pas avoir remarqué qu’elle a trébuché. La conversation reprend tant bien que mal, le phobique voit son image menacée, il essaie de se rattraper, malgré les palpitations au cœur, il lance des questions à son interlocuteur pour se donner le temps de se reprendre. Il donne l’impression d’être attentif à tout ce qui se dit, à être dans la scène, mais en vérité, il est uniquement occupé à produire cette bonne impression. Quelques instants plus tard, il est à nouveau à court d’idées, les blancs sont de plus en plus fréquents, et l’autre a désormais le sentiment de parler dans le vide. Le phobique a perdu la face et l’interaction est interrompue parce qu’il n’a pas réussi non plus à sauver la face de son interlocuteur lequel ressent maintenant un malaise. Afin de ne plus revivre cette situation, ce dernier préférera désormais se tourner vers d’autres personnes. »


Par définition, la Communication sociale désigne l’ensemble des aptitudes sociales d’une personne à entrer en relation avec autrui.

Chaque être humain communique avec autrui de manière verbale ou non verbale. Même les animaux ont une communication sociale, tel le dauphin qui émet des sifflements de détresse à ses congénères.

La timidité sociale, c’est justement la communication sociale qui « ne fonctionne pas bien » chez une personne à cause de ce fameux système d’alarme interne (S.A.I) qui anticipe les dangers potentiels, le jugement des autres.

Autrement dit, la Communication sociale est parasitée par des facteurs psychologiques comme la peur et l’anxiété, d’où le fait que toutes nos antennes de communication semblent « buguer » : le regard fuyant, le sourire crispé, les mains tremblantes, le corps en retrait, etc…

Par conséquent, le succès d’une interaction sociale dépend de notre communication sociale.


Repensez par exemple à une personne très sociable que vous connaissez. Vous en croisez forcément au quotidien dans votre entourage, à l’école ou sur votre lieu de travail. Décryptez son comportement :

1) Elle est souriante et le montre souvent.

2) Son regard est franc, il n’est jamais fuyant. 

3) Elle s’intéresse sincèrement à vous et aux autres.

4) Elle vous écoute en vous encourageant de parler et elle se révèle aussi en parlant de soi.

5) Quand elle vous salue, vous pouvez sentir chaleureusement ses mains dans les vôtres. Elle vous fait parfois une tape amicale sur l’épaule.

 

On dit que sa communication sociale est « ouverte », c’est pour cela que la personne sociable attire toujours les gens. Il envoie plein de signaux de sociabilité au contraire de la personne timide qui inhibe sa communication sociale.

Il faut bien comprendre que si vous n’avez pas de succès avec les gens, ce ne sont pas votre apparence physique ou votre personnalité qui sont la cause numéro un de vos échecs, mais votre communication sociale !

Il existe en effet des personnes au physique ingrat, des hommes ou femmes introverties ou sérieuses, qui arrivent à créer facilement des liens avec les gens et ont des amis. Car ils savent compenser leur handicap par une  bonne communication sociale : ils interagissent avec les autres, parlent, sourient, prennent des initiatives…

Le problème du timide social, c’est qu’à cause de ses mécanismes de défense (la peur du regard de l’autre, appelé aussi S.A.I), sa communication sociale est perturbée, créant des difficultés pour se synchroniser avec les autres lors d’une interaction.

 

Parmi les actions simples qui montrent que vous voulez volontiers interagir avec l’autre et qui activent votre communication sociale, il y a :
sourire, parler, écouter, s’intéresser à son interlocuteur, faire des gestes, proposer, inviter

Quand vous allez à une soirée ou à un rendez-vous, pensez ainsi à toutes ces actions lesquelles ont l’air ordinaires en apparence, mais elles se révèlent cruciales en réalité si vous voulez avoir un minimum de succès en société. 

Que ce soit dans toutes les cultures et civilisations, les lois de la nature obéissent aux mêmes codes sociaux universels. Le sourire extériorise l’envie de communiquer, d’interagir, d’établir un lien. C’est un signe d’approbation sociale.

Si vous vous intéressez sincèrement à la personne, elle s’intéressera à vous car son instinct social se synchronisera avec le vôtre.


Quelques exemples de situations pour comprendre
 :

1) Je lis souvent des personnes timides qui racontent qu’elles ont très envie que les autres aillent vers elles, mais leur attitude fermée due au malaise fait qu’elles envoient malgré elles les signaux contraires. Cette situation ordinaire en témoigne : le timide qui pendant les pauses au boulot, au lieu de prendre le café avec les autres, trouve des excuses pour éviter la situation. Il va par exemple simuler le fait d’être occupé (l’allure pressée, les yeux baissés), il va chercher involontairement à couper court à une conversation, il va se focaliser sur la charge de travail, etc…

Prenez donc conscience que par cette attitude, vous communiquez inconsciemment aux autres des signaux de non-disponibilité. De même, faites attention à ce que votre comportement ne se retourne pas contre vous car l’attitude fermée est parfois perçue à tort comme une froideur, voire associée à la condescendance dans le pire des cas.

2) Même sur Internet, les règles des codes sociaux universels s’appliquent. Regardez par exemple les forums de discussion et les groupes Facebook que vous fréquentez. Comment émergent les liens sociaux ? Pourquoi ne recevez-vous pas parfois de réponse à vos messages sur un forum, à vos posts sur Facebook ? À l’inverse, si vous laissez un message de bienvenue dans le fil de présentation d’un internaute, si vous interagissez régulièrement avec les gens de la communauté, alors vous verrez que ces personnes vous renverront « la balle ». Le jour où vous publiez un nouveau message pour x raison, il y a des chances pour qu’elle se manifeste dans votre post. Cela n’aurait pas été forcément le cas si vous étiez resté « passif ».

Le grand avantage d’Internet pour les personnes timides, c’est que votre système d’alarme interne (S.A.I), ce fameux détecteur qui prévient les dangers, est à un niveau abaissé par rapport à la vie en réel. En ligne sont oubliés les sensations d’embarras du contact en face à face, les tics nerveux. La plupart des timides se « lâchent » et nouent des liens plus facilement. 

Que ce soit sur Internet ou dans la vie réelle, c’est le même fonctionnement :
Vous extériorisez vos signaux de sociabilité et vous établissez un lien.
Plus vous le faites, plus vous êtes amené à développer un réseau social.

3) Déployer sa communication sociale, l’extérioriser sous ses plus belles expressions par de jolis signaux, c’est mettre en place tous les moyens pour créer des liens et être en harmonie avec les autres. Beaucoup de gens pour justifier leur malheur et leur solitude se focalisent sur des complexes : « Je suis laid et petit, c’est pour ça qu’on ne vient pas vers moi. », « Je n’ai aucun charisme, les gens préfèrent les gens extravertis. », « Il est d’un niveau hiérarchique supérieur, ce n’est pas la peine de lui parler. », etc… Même si certains désavantages personnels accentuent les difficultés d’interaction, sachez qu’une « belle communication sociale», cohérente et maîtrisée, attire toujours vos interlocuteurs, brisant les barrières sociales et autres petites incongruités qui vous séparent des autres.

Dans votre environnement, je suis sûr que vous avez déjà croisé une personne au physique ingrat ou de petite taille, d’origine sociale défavorisée, mais qui avait tout le temps du succès avec les gens. Ou un collègue de travail qui avait toujours étonnamment des liens très chaleureux avec ses supérieurs hiérarchiques. Pourquoi ? Toujours les mêmes raisons : ces personnes ont une communication sociale active. Ils envoient plein de signaux de sociabilité : sourire marqué, regard franc, gestes physiques amicaux, compliments sincères, intérêt envers autrui…

Il n’y a donc pas de hasard. Si l’on respecte les codes sociaux universels, on apprend à interagir avec les autres et à créer des liens. De millions de personnes introverties, autistes, ont du succès en société et ont plusieurs amis, car elles appliquent ces ingrédients tout en restant soi-même.

 

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir vite mon livre : Guide de l’Amitié et de la Communication sociale – petits rituels simples pour les gens introvertis ou timides. Il est disponible en vente sur Amazon. Voici quelques schémas extraits du livre…



Articles utiles à lire sur le même thème :

> Surmonter sa timidité en s’intéressant sincèrement aux autres

> Comment s’intégrer en groupe : Mode d’emploi pour timides

> Interactionologie sociale : Analyse du cas Maxime Brunerie

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Cet article a 6 commentaires

  1. marie05

    Je viens de bien relire tout cet article, et vraiment MERCI, il est vraiment très bien écrit, très clair et utile.

  2. Sylvain Zelliot

    Coucou marie,

    Merci pour ton commentaire. ;-)
    Oui, j’optimiserai ce texte au fur et à mesure… Il me sert pour le moment à donner la tonalité, de comment je voudrais orienter mon travail sur le discours des « instincts » adapté à la timidité sociale.

  3. Julia

    En parcourant ce blog très intéressant, j’ai réussi à prendre conscience de mon problème de timidité. Le concept de curiosité décrit est d’une telle évidence qu’il a provoqué chez moi un bouleversement. J’aimerais apporter un témoignage de ma situation personnelle.

    Mon problème est plus ciblé, car ma timidité ne sort pas du cadre professionnel. Dans ma vie privée, je suis une personne très sociable, mais une fois franchi le pas de mon entreprise, mon attitude change radicalement.
    Jeune employée, diplômée d’une grande école, ma timidité m’a souvent empêchée de bien accomplir mon travail et de me constituer un réseau.

    J’avais comme réponse à mon problème dans un premier temps « il faut que je dise quelque chose absolument ». Le souci c’est qu’en état de stress, je ne réfléchissais pas, ce qui me conduit souvent à me tromper dans mes analyses ou dans mes phrases… A en avoir honte… à me renfermer davantage… me plongeant ainsi dans un cercle vicieux.

    Aujourd’hui j’ai, comme circonstance aggravante, l’impression que les personnes autour de moi me prendraient pour une folle si je revenais les voir pour créer un lien après tant d’années de silence.

    En m’analysant, j’ai réalisé qu’une solution existait pour sortir de ce cercle. En effet, la curiosité vers l’autre est un excellent moyen de motivation, mais elle ne peut s’accomplir dans ma situation sans une dédramatisation de la situation.

    Pour ce qui concerne ma peur de passer du « tout-au-tout », je pense qu’une règle doit s’imposer : y aller progressivement. Contrairement à une soirée, les personnes avec qui vous voulez tisser un lien sont constamment présentes dans votre univers. C’est l’occasion de se donner des objectifs progressifs.

    Second argument qui me permets d’avancer : dé-dra-ma-ti-ser.
    Votre timidité vous a conduit à dire des choses stupides dans le passé ? Qui n’a jamais dit des trucs stupides ? Regardez la presse où les ministres se trompent sur des questions très simples ! et dites-vous que les gens changent. Pour accepteriez-vous que les autres changent et pas vous ? Et que ce changement, de toute façon vous le voulez. Et que pour que la situation change, cela passe par le tissage de lien.

    Ensuite, dans mon cas, ce qui me bloquait c’est que je côtoie au quotidien des personnes importantes. J’étais particulièrement impressionnée.
    Je me suis rendue compte que les compétences sont détachées de la personnalité. Ce n’est pas parce que je collectionne des bonnes notes dans des exposés touchant à la géostratégie que je n’apprécie pas, une fois mon dossier clôturé, me vautrer sur mon canapé pour regarder un match de foot ou encore m’asseoir à une table avec mes amis pour parler de sujets futiles…

    Si en effet, les sujets de conversation dévient sur une thématique un peu pointue, la meilleure solution est de se « refugier » dans… la curiosité. Savoir ce que pense votre interlocuteur sur le sujet (pour le coup c’est intéressant car il s’y connait) ; lui demander d’expliquer des choses que vous n’avez pas comprises (cela arrive à tout le monde, même aux plus grands).

    Bref, en espérant que mon témoignage puisse enrichir ce blog, dont je salue l’auteur pour son remarquable travail. Merci

  4. Abdoulaye

    Bonsoir. Je m’appel Abdoulaye.Vraiment moi je suis timide je ne peu pas parler dans le publique. Aider moi a combatre mon timidite. Merci d’avance

  5. Elodie

    Coucou Julia,

    je trouve ton témoignage très intéressant car il faut dire que je me retrouve un peu en toi parfois. J’aimerais savoir comment ça s’est passé pour toi, si tu as réussi à avancer progressivement vers tes collègues de travail. Personnellement, je pense que tu ne dois pas avoir peur d’aller vers eux alors que tu ne le faisais pas avant. Par expérience, je sais que les gens sont au final contents. En fait, quand on s’exclut, les gens ne font pas forcément attention à nous, ne se posent pas de questions et se disent que c’est nous qui préférons être seuls. Puis quand on va vers eux, ils ne sont pas forcément fermés parce qu’ils ne réfléchissent pas autant que nous. Quand on se synchronise comme le dit bien Sylvain avec eux, la machine sociale s’emballe dans le bon sens et c’est bon. Enfin, j’ai eu la chance que ça m’arrive.

  6. Gaëtan

    Bonjour et merci pour ce blog de développement personnel.
    Je suis un lecteur régulier depuis de nombreuse semaines et j’apprécie la qualité des articles.
    Merci et à bientôt sur d’autres articles.
    Gaëtan

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