souhaitsUn échange fort sympathique et instructif qui m’a beaucoup marqué et que j’avais envie de raconter via un article sur le blog. « Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas heureux, pourquoi ma situation n’évolue pas… », me confiait Antoine. Dernièrement, j’ai revu un ami de longue date que je n’avais pas vu depuis plusieurs années. J’ai senti qu’il avait besoin de me parler, qu’il cherchait des solutions pour s’en sortir car il est conscient qu’il traîne depuis longtemps des blocages psychologiques qui l’empêchent d’agir, d’être plus heureux dans la vie.
Je l’ai accueilli avec mon sens de l’écoute, mon empathie naturelle. Antoine ne sait pas quoi faire, où aller, quoi entreprendre. Il s’interroge sur son travail, sur ses relations avec les autres. Il hésite à prendre des cours de méditation ou de théâtre, etc…

C’est hélas un schéma classique que je connais bien pour le croiser assez souvent dans mes rencontres. Quand vous voyez que tout semble flou et indécis dans la tête d’une personne que vous voulez aider, il y a une question toute simple, que j’adore poser, inspirée de ma technique de la liste des « 5 souhaits ».

JE ME POSE CETTE QUESTION : POURQUOI JE NE SUIS PAS HEUREUX ?

On se trouvait dans un café sur Paris. Antoine me parlait de son sentiment de vide intérieur. Il a un joli appart, il a un travail, il fait souvent des sorties ou part en voyage, mais il ne se sent pas heureux à 30 ans. Il me dit qu’il ne comprend pas pourquoi et qu’il hésite à entamer les démarches pour consulter un psychologue ou prendre des cours de méditation.

En tant qu’ami, dans ce genre de situation, on est tenté de réconforter son interlocuteur par des mots chaleureux : « T’inquiète, tu vas t’en sortir ! »« Il faut que tu vois aussi les points positifs ! »« Bon courage… ».
Le problème avec ces jolies formules, c’est qu’elles peuvent avoir ses limites et il faut se dire que la personne en face est habituée à avoir ce genre de retours et qu’elle aimerait également entendre d’autres choses.

La discussion revient sur ses valses-hésitations. Antoine ne sait pas quoi fairoù allere, quelle direction donner à sa vie. Il cherche une méthode thérapeutique pour surmonter ses complexes, pour devenir plus heureux. On parle alors de méditation, de théâtre, d’hypnose, de TCC…
Je lui fais gentiment la remarque que c’est le 5ème psy qu’il consulte et que sa situation n’a pas vraiment évolué. Il acquiesce, conscient que cela fait plusieurs années qu’il est au même point.

Ce jour-là, je crois que je n’avais vraiment pas envie que notre rencontre se termine simplement par un « Bon courage, ça va aller, t’inquiète… et au revoir. » ou le genre de discours où on fait semblant de compatir et de sourire. Non, je n’aime décidément pas ça et encore moins avec les amis. Il faut dire que je connais Antoine depuis 8 ans, on faisait de la guitare ensemble, et jusque-là, pensant accomplir mon rôle d’ami, j’avais toujours évité de le contrarier, me contentant de l’encourager, de dire des choses positives, de le caresser dans le sens du poil. J’ai l’impression que c’est quelque chose que nous avons tous tendance à faire inconsciemment et d’autant plus avec les gens que nous apprécions.

Alors j’ai voulu prendre quelques risques. J’ai commencé à changer de ton. Je lui ai d’abord répondu : « Si ça ne va pas, c’est qu’il y a une raison. Tu n’as sûrement pas fait ce que tu devais faire pour être heureux. »
Antoine me parle de ses nouvelles lectures, d’ouvrages de développement personnel sur le bonheur. Il me raconte ses nouvelles initiatives pour donner du sens à sa vie, ses récentes sorties avec OVS, son premier cours de théâtre, son dernier week-end dans le Sud, etc… Il me répète qu’il va consulter un nouveau psy. La dernière fois, c’était d’ailleurs sur mon conseil qu’il avait entamé une thérapie TCC. Mais cette fois, constatant que sa situation n’avait pas changé, j’avais envie de lui dire autre chose, de le pousser à la réflexion, de le bousculer un peu.
Je lui lance : « C’est vrai que tu entreprends beaucoup de choses, mais est-ce que ce sont LES bonnes initiatives pour être heureux ? Je suis désolé mais je ne vois pas ce que tu fais vraiment pour changer ta situation. »

« Peut-être pas. Enfin, je ne sais pas… », me confesse-t-il, la mine hésitante. Évidemment, je vous rassure, comme je suis quelqu’un de calme et d’empathique, mes discours même un peu plus francs passent sans problème et les gens les prennent généralement très bien. « On va tout de suite le savoir… », lui réponds-je avec un sourire et une idée derrière la tête.

J’enchaîne : « Alors j’aimerais que tu me répondes sincèrement à une question… J’aimerais que tu y réfléchisses sérieusement. Je te laisse juste 5 minutes de réflexion. :) » Antoine sourit et il me dit, intrigué : « Oui, ok, pas de problème. Mais quelle question ? »

Voilà ma question« Quelles sont les 5 choses dont tu es sûr qu’elles te rendront déjà beaucoup plus heureux dans la vie ? 5 souhaits personnels qui… en imaginant qu’ils se réalisent… font que tu ne seras plus déprimé ? »

Aussitôt la question lancée, je voyais déjà Antoine qui buvait son thé en commençant à réfléchir, le regard dans le vague. J’ai beaucoup aimé ce bref instant, il y avait comme une coupure. Quelques minutes auparavant, on parlait de tellement de choses, de banalités, et puis il y a eu ce moment de silence presque foudroyant où la méditation avait pris le pas sur la discussion. La suite est moins romantique : je quitte la scène quelques minutes et je lui fais comprendre que je vais aux toilettes… et à mon retour, il devait me donner ses 5 réponses !

UNE TECHNIQUE SIMPLE : ÉCRIRE UNE HAPPY LIST

Je reviens à table. Je vois, à la fois amusé et satisfait, qu’Antoine continuait à réfléchir en se frottant le menton. Je bois mon thé et je lui demande : « J’aimerais que tu me les évoques dans l’ordre, du plus important au moins important, selon toi. Attention, il faut que ce souhait soit concret et garantit que ça te rendra heureux. On va commencer par le souhait le plus important, qu’est-ce que ça pourrait être pour toi ? »

Au fur et à mesure de la discussion, voilà ce que m’a répondu Antoine à propos de ses 5 souhaits personnels, je les récapitule ici :

wishlist1) La musique : bien jouer de la guitare, améliorer son chant, donner des concerts. 
2) Avoir plus de culture générale, de connaissance : car Antoine fait un énorme complexe sur son manque de culture générale.
3) Avoir une copine : Antoine est célibataire depuis plusieurs années.
4) Parler plus de soi quand il est en présence des autres, se révéler plus : Antoine trouve qu’il est pudique avec les gens.
5) Trouver un métier dans lequel il s’épanouirait mieux : il est informaticien, mais ce dernier point semblait moins important par rapport aux autres dans la liste de ses souhaits.


Quand Antoine avait fini d’énumérer oralement sa liste de vœux, j’ai senti comme un gros déclic dans son regard, presque ému, comme s’il venait de se rendre compte de l’ironie de la situation : il savait parfaitement au fond de lui ce qui pourrait le rendre véritablement heureux dans la vie, mais il ne voulait pas se l’avouer.
Comme vous le voyez : grâce à une question, la discussion a bien avancé en quelques minutes et on n’est plus au stade initial de l’échange où tout semblait flou et indécis.

La question paraît simpliste mais par exemple dans l’aide et le coaching, elle est très utile et efficace car :

  • Cela permet de cerner rapidement le profil psychologique de la personne, de la connaître.
  • Cela permet de cerner rapidement les besoins de la personne, de connaître les principaux obstacles qui l’empêchent d’atteindre le bonheur.
    (Ici, les réponses d’Antoine ont permis de révéler, à ma surprise, deux grands complexes : le manque de culture générale et une énorme pudeur.) 
  • Cela permet de cerner les valeurs auxquelles est attachée la personne et la hiérarchie des souhaits donne des indices sur ses repères et orientations dans la vie. 
    (Je connais des gens qui placent le travail en premier, certains c’est l’amour, d’autres c’est la vie intellectuelle. Ici, chez Antoine, c’est la musique et la créativité : on sent que c’est quelque chose de très important pour lui.)
  • Le chiffre de « 5 souhaits » est évidemment arbitraire ! Parfois en fonction des gens, je demande 4 ou même 1 souhait. Par exemple, dernièrement, j’ai rencontré quelqu’un qui savait parfaitement tout ce qu’elle voulait dans la vie, mais elle ne savait pas par quoi commencer et elle s’engageait dans plein de projets à la fois. Je lui ai alors demandé en insistant : « Qu’est-ce qui est LE plus important pour toi dans la vie ? » Elle m’a répondu : « La réussite. » La réponse n’est jamais anodine et ça m’a permis d’orienter la discussion sur un nouvel axe.
  • Autre chose qui me surprend dans ce qui me revient : généralement, les gens sont très lucides et il y a peu de réponses fantaisistes (exemple : être millionnaire, épouser un mannequin, avoir le sex-appeal d’un Simon Baker). Finalement, les souhaits personnels sont pour la grande majorité très concrets et abordables à l’image de ceux de la liste de notre ami Antoine, ce qui confère justement une légitimité à ce test des 5 souhaits. 

Voilà, vous avez compris l’idée : chaque réponse n’est jamais neutre et donne des indices très pertinents.

LA LISTE DES SOUHAITS MÈNE AU PREMIER DÉCLIC ET LES BONS OBJECTIFS MÈNENT AU BUT

Je reviens sur la fameuse histoire : la fin de mon échange palpitant avec Antoine. À partir de cet instant, le visage d’Antoine commençait à s’illuminer. Je lui lance avec un sourire : « Tu vois, tu sais très bien ce qu’il te faut pour être plus heureux dans la vie. »

Je lui fais alors cette réflexion« Tu te rends compte, tu veux consulter un cinquième psy, chercher une nouvelle méthode thérapeutique pour être plus heureux, alors que la musique, avoir de la culture générale, avoir une copine, parler plus de soi, trouver un travail épanouissant : pour la plupart, ça ne dépendra uniquement que de toi. Ce sont des choses très concrètes que tu peux obtenir avec de la persévérance, avec une meilleure organisation, en prenant des risques de sortir de ta zone de confort. »

Il me répond avec un air de déclic : « Oui, c’est vrai que le psy ne pourra pas résoudre tous mes problèmes. La musique, la culture générale, avoir une copine, je peux obtenir tout cela en réalité. » 

Plus loin dans la discussion, Antoine me fait une confession intéressante : « C’est vrai que je fais pas mal d’activités, que j’essaie de partir à chaque période de vacances à la montagne ou en randonnée, mais la vérité… c’est que tous ces moments de détente me permettent d’éviter d’avoir des milliers de pensées négatives, de mettre entre parenthèses les frustrations de mon quotidien et de ne pas voir au fond les véritables problèmes. » 

Pour ceux qui suivent régulièrement mon blog, évidemment, vous aurez bien compris que je ne suis pas contre les démarches thérapeutiques, bien au contraire, mais il est plus sage de les considérer comme des compléments à une démarche de mieux-être et non comme des remèdes à tous nos maux intérieurs. 

Car si on regarde attentivement la liste de notre ami Antoine et on analyse les choses avec butlucidité, la plupart des souhaits sont atteignables.
À part le souhait n°5 (= faire un métier plus épanouissant, trouver sa voie professionnelle), je peux tout à fait comprendre que c’est de loin le moins évident : ça nécessite de l’introspection, du temps de maturité, des circonstances favorables, des bonnes rencontres…
Mais tout le reste de la liste est abordable avec une meilleure redéfinition des objectifs et sous-objectifs.

Comme disait le chinois Sun Tzu : « Celui qui n’a pas de but ne risque pas de les atteindre. »

Exemples d’objectifs concrets et adaptés pour Antoine :
* Avoir de la culture générale => emprunter 3 livres de thématiques différentes chaque mois à la bibliothèque, s’abonner à des magazines culturels, se faire des fiches de culture générale sur le PC, etc… Il y a plein de solutions !
* S’améliorer en musique => prendre des cours de chant, passer des annonces pour constituer un groupe, etc…
* Parler plus de soi, être moins pudique dans les sorties => lors de mes discussions, utiliser le plus de fois possible le pronom personnel « Je » (évidemment sans tomber dans l’excès !) : « Tu sais, ce week-end, j’ai… », « Je ressens… », « Je me souviens que… », « J’aime beaucoup cette… », « Si tu veux mon avis, je dirais que… », etc…
Cette technique d’affirmation de soi par le « Je » vous oblige à parler de vous et d’éviter d’être constamment dans l’écoute passive.

Bref, vous voyez l’idée : trouver les objectifs adaptés pour atteindre chacun de nos 5 souhaits. Pour plus de détails, consulter l’article du blog : la méthode S.M.A.R.T, l’art de se fixer des objectifs et de les atteindre.

Je viens également d’ajouter un nouvel outil gratuit dans la rubrique Outils en ligne : la Happy List, cette fameuse fiche dont je me sers pour aider mes clients à trouver leurs 5 souhaits lors de mes services de coaching personnalisé. Je vous invite à télécharger l’outil si cet article vous a particulièrement plu.

LE FIN DE MOT DE L’HISTOIRE… 

Avec Antoine, on a ensuite discuté de toutes les pistes possibles pour atteindre ses objectifs personnels. Il a sorti un petit carnet et s’est amusé de temps en temps à prendre des notes.
À la fin du rendez-vous, Antoine semblait remotivé. On doit se quitter : il me fait plusieurs tapes amicales à l’épaule et me dit d’une voix légèrement émue « Merci d’avoir été sincère ». Sur le coup, j’ai été surpris de sa réaction car c’est quelqu’un de pudique et c’était la première fois que nous parlions de choses aussi profondes et aussi directement.
Cela a également été un moment fort de mon côté, une leçon personnelle, car j’ai senti que j’ai été utile et que j’ai donné un autre tournant à une rencontre qui se serait terminé habituellement par des échanges de paroles convenues et sourires de façade, mais cette fois, il y avait eu quelque chose de plus et cela m’a fait plaisir.
Effectivement, aider, ce n’est pas seulement encourager la personne avec de jolies paroles, mais parfois dire la vérité. 

Pour conclure cet article, je dirais :

  • La liste des 5 souhaits donne des indications pertinentes sur notre identité, nos besoins, nos valeurs. Comme il s’agit d’un exercice très personnel et communiquant avec notre subconscient, les réponses ne sont jamais neutres.
  • Je suis persuadé qu’on sait tous au fond de soi ce qui pourrait nous rendre véritablement heureux, ce qu’on voudrait accomplir dans la vie. Mais on fait semblant de ne pas le voir. Pour plein de raisons diverses : la peur d’échouer, le fait de croire que c’est impossible, la peur de devoir sortir de sa zone de confort. 
  • Plutôt que de ne pas savoir quoi faire (partir partout ou partir nulle part…), je me sers de cette liste de 5 souhaits comme base première de mon travail de développement personnel. Je les décompose ensuite en objectifs et sous-objectifs en m’aidant de la méthode S.M.A.R.T. C’est dix fois plus motivant quand on sait que nos objectifs sont bien choisis et surtout réalisables.
  • J’ai 5 souhaits personnels et je fais tout pour les atteindre : c’est le meilleur moyen pour avoir l’assurance d’être déjà beaucoup plus heureux dans la vie. Pas de magie, pas de formule miracle, juste du bon sens !

 

PS : Tu souhaites lire davantage ? Tu peux consulter mon Sommaire de tous les articles du blog ou découvrir ma jolie liste des Outils en ligne pour s'améliorer. Si cet article t'a plu, n'hésite pas à laisser un commentaire ou à le partager sur tes réseaux sociaux : cela ne te prend que 2 secondes et c'est une action concrète pour soutenir le blog ! ;-)

Cet article a 8 commentaires

  1. super article ! comme toujours :-)

  2. Bonjour et merci,

    Je trouve la démarche excellente pour apporter une aide autrement plus efficace que les « bon courage » habituels !

    Offrir de nouvelles perspectives concrètes à celui qui a le moral dans les baskets n’est pas toujours facile.
    Avec ton article, on a enfin une façon de faire qui est constructive…

  3. Bonjour.
    Vous l’avez très bien dit, du bon sens et revenir aux bases quand on est perdu.
    J’apprécie votre démarche! C’est très utile. Merci.

  4. Merci, histoire intéressante et méthode tjrs bonne à prendre.

  5. Merci pour cette article intéressant, il me semble qu il peut être intéressant de faire dans un 1 temps un test denneagramme cela facilitera établir aussi une liste de souhaits, car il est intéressant de connaître objectivévent notre trait de caractere, voici un lien qui peut être intéressant si je peux me permettre http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr/2015/06/lenneagramme-pour-mieux-se-connaitre.html

    A très bientôt pour votre nouveau billet

  6. Merci pour vos réponses !

    Et en particulier à la réaction très positive et surprise d’Antoine qui a découvert mon article du blog consacré à notre dernière discussion : content que tu aies apprécié ma retranscription. :)

  7. J’aime beaucoup le passage montrant que la liste des souhaits mène au premier déclic et les bons objectifs mènent au but. En effet, généralement, on réussit mieux dans un domaine qui nous passionne, car on est beaucoup plus motivé.

  8. Très bel article, se demander « qu’est-ce que qui me rendrait heureux? » implique à mon sens en premier lieu de faire face à son « monde » intérieur, se tourner vers soi et surtout ne plus être dans le déni. Comme Antoine l’a précisé, ils effectuaient de multiples activités pour éviter d’avoir à se confronter à ses problèmes et ses pensées négatives. Le fait juste de faire face à la « réalité » de la situation (en écrivant ses 5 souhaits) lui a permis d’avoir un déclic.

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