J’ai sélectionné une série de questions susceptibles d’être posées sur la timidité. Elles me permettent entre autres d’éclaircir certains propos rédigés dans les articles ci-dessus.

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[ SOMMAIRE ]

1. Pourquoi y a-t-il timidité sociale et timidité amoureuse ?
2. Timidité sociale et timidité amoureuse sont-elles imbriquées l’une dans l’autre ?
3. D’où vient cette fameuse peur du rejet ?
4. En séduction, la virilité suffit-elle pour sortir avec les femmes ?
5. Qu’en est-il de la timidité amoureuse et de la timidité sociale chez les femmes ?
6. Je suis trop timide de toute façon, on me laisse toujours dans un coin. Comment faire ?
7. Je n’ai pas envie d’aller vers les autres car leurs discussions m’ennuient. Que faire ?
8. Qu’est-ce que le système d’alarme interne (S.A.I) ?
9. Peut-on réellement guérir de la timidité ?
10. Quelles sont les solutions concrètes pour guérir de la timidité ?

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Pourquoi y a-t-il timidité sociale et timidité amoureuse ?

Parce que les deux instincts de base d’interaction humaine sont : l’instinct social et l’instinct sexuel. Le destin de chaque individu est régi par ces deux principes fondamentaux. Maintenant pour x raison, l’un de ces deux « gouvernails » ne fonctionne pas très bien comme si il était en quelque sorte inhibé.
Par exemple, un ensemble de fausses croyances lié à une éducation familiale rigide ou puritaine fait partie des raisons possibles qui ont pu « perturber » le développement des aptitudes instinctives sexuelles. Un homme sociable, bien dans sa peau, peut très bien ignorer les codes du jeu amoureux si par souci de moralisme ou d’idéalisme excessif, il n’ose pas faire la cour à une femme, pensant naïvement que draguer c’est mal ou contre-nature. Du coup, comme il n’extériorise pas une attitude sexuée, les femmes qu’il rencontre ne se doutent jamais de ses sentiments amoureux. On parlera donc de « timidité amoureuse » pour les gens qui rencontrent des difficultés de communication sexuelle avec le sexe opposé.
Dans le cas de la « timidité sociale », les raisons possibles qui troublent le bon fonctionnement de l’instinct social peuvent relever à la fois de facteurs acquis (environnement familial, histoire personnelle) ou innés (vulnérabilités biologiques, hypersensibilité). D’ailleurs, peu importe les origines, car dans les résultats, ce sont les aptitudes instinctives sociales qui sont « déficientes ». Voilà pourquoi la plupart des timides sociaux peinent pour entretenir une conversation, soutenir un regard ou interagir dans un groupe.
La timidité sociale devient un véritable handicap quand elle rime avec une anxiété quotidienne et s’accompagne de symptômes physiques (tremblements, palpitations). Dans ce cas, nous parlerons plutôt d’anxiété sociale ou de phobie sociale.

 

Timidité sociale et timidité amoureuse sont-elles imbriquées l’une dans l’autre ?

En théorie, non, car les deux instincts biologiques sont sollicités de manière indépendante. En apparence seulement, on a l’impression qu’elles sont mélangées. Généralement, quand on parle de « timidité », les gens font plutôt référence à la timidité sociale.
Un homme qui est « uniquement timide amoureux » n’a pas de problèmes de communication sociale : il part à la rencontre de femmes sur son terrain social, il manipule aisément la conversation et l’humour, mais il bloque lorsqu’il doit passer à une « phase sexuée ». Le profil du timide amoureux peut être multiple : un homme qui intellectualise énormément (se coupant donc de ses instincts primaires), qui a reçu une éducation puritaine (« la drague, ce n’est pas bien »), etc… En ayant appris à refouler en quelque sorte ses aptitudes instinctives sexuelles, le timide amoureux va involontairement désactiver sa communication sexuelle.
Dans le cas d’un homme qui est avant tout « timide social », il rencontrera aussi les mêmes difficultés avec le sexe opposé, mais l’origine de sa timidité à l’encontre des femmes est la même que celle à l’encontre des gens d’une manière générale : une timidité générale liée à la peur du regard, du rejet des autres. Les aptitudes instinctives seront inhibées, parasitées, par l’anxiété (ce fameux système d’alarme interne détectant les dangers et anticipant le rejet).

 

D’où vient cette fameuse peur du rejet ?

Pour la comprendre, il faut avoir cette grille de lecture à la manière d’un « biologiste ». Pour revenir à la théorie des instincts, les individus ont par leur constitution cette impulsion innée à vouloir être parmi les autres, être intégré dans un groupe ou dans une société. Ce désir d’intégration est lié à l’instinct social. La peur du rejet est inhérente à chaque être humain et vient en seconde position après la peur de la mort. Un homme extraverti et bien dans sa peau, à force d’être rejeté successivement par les autres et les groupes dans lesquels il tente d’insérer, développera progressivement une peur plus significative du rejet. Le timide social vit cette même expérience au quotidien de manière parfois dramatique : plus que n’importe quel être humain, le timide a des raisons d’avoir peur d’être rejeté. L’aspiration « farouche » à l’intégration fait qu’il accordera une double importance au regard des autres. Au final, cette peur du rejet est une peur acquise suite à une série d’expériences négatives lesquelles ont une valeur traumatisante sur l’estime de soi.

 

En séduction, la virilité suffit-elle pour sortir avec les femmes ? 

Sur les forums de discussion (doctissimo, communautés de séduction), je lis très souvent ce genre de commentaire : « Si tu n’as pas réussi à sortir avec cette femme, c’est que tu as manqué de virilité. » J’aurais tendance à nuancer ce propos. Quel est en effet le point commun n°1 de tous les timides inexpérimentés avec les femmes ? Ils ne sortent pas beaucoup en dehors de leur boulot, ils ne rencontrent pas énormément de monde, ils n’osent pas aborder par inexpérience sociale, etc… La solitude amoureuse provient pour une majorité d’hommes d’une timidité relationnelle.
Ainsi, la base de toute réussite pour un homme repose sur une synchronisation entre virilité (communication sexuelle) et socialité (communication sociale). Par virilité, je rappelle encore une fois au lectorat qu’il faut le comprendre dans le sens d’actions successives et graduelles pour l’homme dans un processus de conquête amoureuse (à ne surtout pas confondre avec les stéréotypes sur la virilité).
Or sur Internet, je vois souvent des hommes timides enchaîner régulièrement des rencontres, rendez-vous sur rendez-vous, mais à chaque fois, les femmes ne leur donnaient plus de nouvelles par la suite et cela se finissait en râteaux successifs. Pourquoi ? Non pas parce que leur apparence physique leur faisait défaut, mais leur apparence sociale fermée (le manque de conversation, le regard baissé ou fuyant lors de la rencontre) générait un effet de répulsion, autrement dit un malaise. Si vous aviez été un minimum sociable, empathique avec la personne, elle accepterait au moins de vous revoir même dans un « cadre amical ».

 

Qu’en est-il de la timidité amoureuse et de la timidité sociale chez les femmes ?

Chez les femmes, lorsque les aptitudes instinctives sexuelles sont inhibées (timidité amoureuse), on constate qu’elles ont un problème pour extérioriser leur féminité : elles n’osent pas porter des jupes ou s’habiller de façon « sexy », elles n’assument pas les rapports de séduction, etc…
C’est l’instinct de conservation qui l’emporte, leur système de défense naturelle (SDN) est amplifié : elles se méfient énormément des hommes, elles ont peur des contacts tactiles, elles s’imaginent que tous les hommes sont des prédateurs sexuels, elles ferment tous les signaux sexuels (regard, sourire), etc…
Les témoignages de femmes qui n’ont jamais connu aucune expérience amoureuse ou sexuelle à plus de trente ans sont beaucoup plus rares que les témoignages d’hommes dans les communautés de timides, mais ces femmes timides présentent toujours le même profil : extrêmement méfiantes tout en réprimant leur féminité.
Quant à la timidité sociale, elle semble de même nature chez l’homme que chez la femme, celle-ci étant liée à la peur du regard des autres. La seule différence, c’est que l’homme est plus à la recherche de « stimuli sexuels » alors que la femme privilégie les « stimuli sociaux ». C’est pourquoi les hommes sont dix fois plus nombreux que les femmes sur les sites de rencontres amoureuses ou libertines. L’écart se réduit largement quand il s’agit de sites de rencontres amicales tels que OVS.

 

Je suis trop timide de toute façon, on me laisse toujours dans un coin. Comment faire ?

Commencer déjà par extérioriser son désir de sociabilité. Si vous « fermez » tous vos supports de communication (sourire crispé, regard baissé, bras croisés, conversation vide), vos interlocuteurs ont comme des antennes psychologiques qui vont interpréter votre comportement de cette manière : « Je n’ai pas envie de communiquer. Laissez-moi tranquille. » Votre communication sociale non-verbale a une importance fondamentale et créera les conditions d’attraction. Le sourire, le regard, les gestes ont un rôle très communicatif.
Ensuite, concernant la communication verbale, il n’est pas la peine de raconter tout et n’importe quoi sous prétexte d’entretenir une conversation. Je vois souvent des timides qui acquiescent en permanence ou qui s’enfoncent dans des discussions type (météo, boulot, actualités). Parfois, il suffit simplement de s’intéresser sincèrement aux autres, de se poser intérieurement la question : « Tiens, qui est vraiment cette personne ? J’ai envie de la connaître et savoir qui elle est sous ses apparences. » Cela aidera au réveil de vos aptitudes instinctives sociales, de votre désir de sociabilité.

 

Je n’ai pas envie d’aller vers les autres car leurs discussions m’ennuient. Que faire ?

Les lois de la nature obéissent aux mêmes règles d’interaction humaine : « Si tu t’intéresses aux autres, les autres s’intéresseront à toi. » Si vous ne voulez pas faire un minimum d’efforts pour vous intéresser aux autres, acceptez au moins que les autres ne veulent pas faire un minimum d’efforts pour s’intéresser à vous. C’est dans l’ordre naturel des choses : ouverture amène ouverture et fermeture amène fermeture.
Si maintenant, les « petites conversations » vous ennuient et vous préférez des sujets de discussion plus spécialisés (par exemple, la psychologie, la philosophie, l’heroic fantasy), rien ne vous empêche de faire comme moi : intégrer des forums de discussion de vos thématiques de prédilection et participer aux sorties organisées entre forumeurs, faire des sorties OVS en se servant des options de « filtres » pour cibler vos centres d’intérêt, contacter les bonnes associations, etc…

 

Qu’est-ce que le système d’alarme interne (S.A.I) ?

Votre amygdale fonctionne comme un système d’alarme qui vous avertit des dangers potentiels de votre environnement. Le regard des gens peut être perçu comme des signes d’agression. C’est à cause du SAI et de son niveau parfois élevé en certaines situations anxiogènes que les gens ont du mal à suivre leur instinct, à être naturels. En situation familière, le SAI est à un niveau bas : signe de sécurité. Par exemple, beaucoup de timides, lorsqu’ils sont avec leur famille ou avec des amis familiers, ne sont plus « timides ». Ils arrivent à être expressifs, bavards, enthousiastes. Pourquoi ? Parce que pour des raisons biologiques, le SAI à force d’accoutumance se désactive automatiquement. C’est pourquoi si vous ne voulez plus avoir peur d’une situation (exemple : manger avec des collègues pendant la pause), il faut commencer par faire une première exposition (désensibilisation), puis des répétitions progressives jusqu’à ce que votre cerveau apprivoise le SAI (déconditionnement).

 

Peut-on réellement guérir de la timidité ?

Il y a d’abord une différence entre les personnes qui ne souffrent que de pointes de timidité entre trac et gêne dans certaines situations, que l’on peut qualifier de « timidité ponctuelle », et d’autres qui sont affectées plus profondément et quotidiennement, où l’on parlera de « timidité maladive », voire éventuellement de phobie sociale.
La rapidité de guérison dépend évidemment de votre niveau de timidité et de votre envie de vous en sortir.
Plus vous vous habituerez aux contacts sociaux, plus vous vous réconcilierez avec vos aptitudes instinctives sociales en les améliorant.
Dans le cas de la phobie sociale, je crois qu’il y a une part d’inné non négligeable et que votre SAI sera toujours plus ou moins réactif aux situations stressantes. À mon sens, l’important n’est pas de guérir à tout prix, mais de rendre possible ce qui semblait à priori impossible. La phobie sociale rend les choses plus compliquées pour trouver un emploi, des amis, une copine… mais « compliqué » ne veut pas dire « impossible ». La guérison, ce n’est pas d’être parvenu à être comme les autres, mais parmi les autres.

 

Quelles sont les solutions concrètes pour guérir de la timidité ?

1) Avoir cet « acquis théorique » des connaissances sur nos comportements instinctifs lesquelles permettent de réajuster sa communication sociale ou sexuelle.
2) Multiplier les expériences sociales pour favoriser les habiletés instinctives : faire des rencontres, aller à des sorties, faire du théâtre, etc…
3) Suivre une thérapie cognitive comportementale (TCC) auprès d’un psychothérapeute ou consulter un psychologue si il y a d’autres troubles plus lourds à régler (traumatismes, dépression).
4) Se faire coacher éventuellement par un ami ou par un coach spécialiste en timidité si l’anxiété pour affronter certaines situations reste trop grande. Le coach a l’avantage de vous accompagner sur le terrain et de vous corriger en direct.

Les expositions régulières auront pour effet de « dompter » votre SAI. Comme pour les études ou tout projet professionnel dans la vie, la persévérance est évidemment le principal élément déterminant. Une plateforme d’aide à l’apprentissage et un ensemble d’outils concrets seront mis progressivement sur le blog. Des témoignages de personnes timides et anxieuses seront disponibles sur le site, où chacun partagera son expérience, ses conseils et méthodes de guérison.

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