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Créer un journal de bord pour réaliser tous ses objectifs !

Il y a bientôt quatre ans, j’avais créé avec beaucoup d’émotion et de fierté mes deux premiers journaux de bord que j’avais eu l’idée d’intituler : « TCC Emploi » et « TCC Drague », l’un pour surmonter ma phobie des entretiens d’embauche, l’autre pour vaincre ma timidité amoureuse. À cette époque, j’avais 26 ans. Je craignais pour mon avenir. J’avais honte de ma situation : pas de job, pas de diplômes à part un bac, pas de copines, dépendant financièrement de ma mère. Le problème, c’est que je passais mes journées devant l’ordinateur : vérifier toutes les minutes si je recevais un mail, discuter sur MSN ou attendre désespérément que quelqu’un se connecte. Je me connectais de manière compulsive sur les forums de discussion, le seul espace au monde où je pouvais avoir des interactions humaines, où j’avais ce sentiment d’exister.

J’avais des objectifs dans la vie : m’en sortir. Mais je n’arrivais jamais à me motiver, à respecter mes engagements. Puis j’ai eu un déclic : tout le temps que je passais sur Internet, pourquoi je ne m’en servirais pas comme un levier d’action pour créer une nouvelle dynamique ? Comme si je retournais le poison d’Internet en un remède pour le changement. C’est alors que j’ai eu l’idée de créer mon premier journal de bord où je raconterais aux internautes mes aventures, mes objectifs, les actions que j’entreprendrai pour devenir plus heureux et apaisé dans la vie. Rapidement, je vais comprendre tous les bénéfices à tirer de cet outil extraordinaire qu’est le journal de bord

La suite… vous la connaissez pour ceux qui ont suivi mon parcours ou qui ont lu ma présentation. Je ne vais pas y revenir. ;-) L’idée que je veux exprimer simplement à travers cet article, c’est qu’il suffit parfois de pas grand chose pour insuffler une nouvelle dynamique à notre vie. Si l’on veut guérir, si l’on veut se motiver à atteindre nos objectifs pour être plus heureux dans la vie, on n’est pas forcément obligé de passer par les circuits traditionnels : n-ième consultation chez le psy, n-ième recherche de la méthode miracle contre la procrastination, n-ième lecture d’ouvrages de développement personnel, etc… Il existe un outil gratuit, interactif, motivant, qu’est le journal de bord à condition de bien savoir s’en servir et de le tenir à jour régulièrement.


CRÉER SON JOURNAL DE BORD : LES GROS AVANTAGES

Il y a le format classique du journal intime où l’on raconte notre vie, nos états d’âmes, nos oscillations de pensée au quotidien. Mais il y a aussi le journal de bord, de combat, où l’on retrace notre itinéraire personnel et échafaude un plan d’action pour parvenir à atteindre nos objectifs de vie. Ou mieux, on peut mélanger les deux genres, c’est ce que je conseille.
On peut créer son journal dans un carnet de notes, sur un blog, sur un forum de discussion. Dans cet article, c’est le journal de bord sur un forum de discussion qui va nous intéresser. ;-) En effet, si vous voulez avoir à coup sûr des retours, des lecteurs, il vaut mieux tenter l’expérience sur un forum de discussion fréquenté, ou si vous préférez la solution de la discrétion, optez dans ce cas pour un blog public ou privé, etc… À vous de voir ce que vous préférez. 

Je vais énoncer tous les avantages que j’ai rencontrés à travers ma propre expérience et vous vous ferez votre avis vous-même :

  • Ecrire un journal de bord, c’est plus stimulant.
  • Ça fait un bien fou de se lâcher, de parler de soi, d’extérioriser nos états d’âme. C’est thérapeutique.
  • Ça permet de faire un point avec soi-même, de faire le tri dans nos idées, de voir plus clair dans nos objectifs de vie.
  • On interagit avec les autres internautes avec ce sentiment agréable que l’on s’intéresse à votre journal, à vous.
  • C’est aussi un exercice d’exposition : on s’expose aux autres, notre journal est soumis au jugement des autres.

Qu’est-ce que j’avais pu également constater pour ma part ?
  • Que je ne me connectais plus sur Internet uniquement pour discuter en ligne, pour me plaindre de mon mal-être comme ça l’a trop longtemps été pour moi, mais pour tenir à jour régulièrement mon journal de bord et fixer mes prochains objectifs de vie. C’était ma nouvelle occupation.
  •  Il y a eu un impact dans ma vie réelle dans le sens où les engagements que je prenais par écrit étaient tenus plus facilement. Le fait d’écrire ses objectifs, de les exprimer en plus en public, je ne les oubliais pas.
  • Beaucoup de retours positifs. Les internautes que je rencontrais m’en parlaient. Ça créé plus facilement des sujets de conversation auxquels on ne s’attendait pas, surtout lorsqu’on est de caractère réservé.
  • N’ayez pas peur que vos journaux ne soient pas lus. Si c’est soigné, bien écrit, sincère, le journal sera lu. Par expérience, j’ai pu constater que c’étaient les journaux de bord qui faisaient généralement le plus de « buzz », de clics, sur les forums de discussion. ;-) Pourquoi ? Curiosité, voyeurisme, effet d’identification, besoin de lire le parcours d’un compagnon de galère qui veut s’en sortir, etc…


CRÉER SON JOURNAL DE BORD : SOIGNER LE FOND

La première question à laquelle tout internaute doit se poser avant de créer son journal, c’est « Pourquoi je veux créer un journal ? » L’écrivain Jules Renard écrivait à propos de la vocation du journal :

Il faut que notre journal ne soit pas seulement un bavardage comme l’est trop souvent celui des Goncourt. Il faut qu’il nous serve à former notre caractère, à le rectifier sans cesse, à le remettre droit. 

Si l’on a décidé de créer un journal intime pour raconter uniquement nos états d’âme, alors on se borne à les raconter avec le plaisir qui va avec. Au contraire, si l’on veut créer un journal de bord dans le but de nous motiver à nous sortir d’une situation personnelle catastrophique (longue période de chômage, solitude, virginité tardive, etc…), alors il faut être cohérent avec le fond de notre démarche. Plusieurs remarques :

  • Très souvent, beaucoup d’internautes qui ont créé leur journal de bord n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs… tout simplement parce qu’ils n’ont pas parlé de leurs objectifs dans ce fameux journal ! Comme disait Sun Tzu, « Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre. » 
  • Fixez-vous régulièrement des objectifs clairs, mesurables, raisonnables
  • Décomposez ces objectifs en sous-objectifs. Il est évident que si vous voulez vaincre votre timidité amoureuse ou sociale, il ne suffit pas de dire : « Mon objectif est de guérir. »
    Mais d’énumérer les sous-objectifs et les solutions possibles qui vont vous permettre de désintégrer cette timidité, comme par exemple : s’inscrire à un club de théâtre, expérimenter les sorties OVS, faire une TCC ou prendre des cours de méditation, etc…


J’insiste vraiment sur ce dernier point car vous aurez beaucoup plus de résultats concrets en énumérant ces sous-objectifs, ces missions, que d’écrire un objectif trop général.

Pour prendre exemple sur ma TCC Emploi que j’avais créé à l’époque pour vaincre ma peur des entretiens d’embauche…

L’objectif général était : trouver un emploi. 
Les obstacles principaux étaient : très grande anxiété aux entretiens d’embauche avec symptômes physiques (tremblements, sueurs), pas de diplômes qualifiants, nombreux trous dans le CV à cause du chômage. 

Du coup, les sous-objectifs et solutions possibles étaient :
- Exercices d’exposition sur le terrain (salons d’emplois et de recrutement en région parisienne), désensibilisation, déconditionnement progressif de ma phobie des entretiens d’embauche, etc…
- Rencontrer des spécialistes dans les salons de formation et d’emploi pour voir comment optimiser son CV malgré les incongruités de mon parcours professionnel.
- Dire  « Oui » à tous les entretiens d’embauche même ceux qui me faisaient peur ou dont les postes ne m’intéressaient pas forcément (comme commercial ou serveur à Buffalo Grill)…

Cette TCC Emploi avait duré environ deux mois et je m’étais même pris au jeu. Je me souviens que mon journal était suivi par nombreux lecteurs qui m’encourageaient dans ma démarche. L’exercice était devenu même une source de plaisir à ma grande surprise. Je me battais au quotidien dans la vie réelle et le soir, je rentrais, tout excité, puis je me connectais à Internet pour raconter à mes compagnons de galère mes aventures et péripéties. Petit à petit, les symptômes physiques avaient disparu et pour anecdote, j’avais trouvé un poste d’assistant pédagogique dans l’Education Nationale après plusieurs années sans activité professionnelle. ;-)


/!\ Si vous avez du mal à vous organiser, servez-vous du tout dernier outil de Plateforme
: Grille d’objectifs. Un outil efficace qui permet de faire un point sur sa situation, de faire le tri dans ses idées, de se motiver à se fixer des objectifs. Je viens de le mettre « en test » dans la rubrique Plateforme pour les membres habitués et abonnés à la Newsletter


CRÉER SON JOURNAL DE BORD : …ET SOIGNER LA FORME !

Pour qu’un journal soit lu par un maximum de lecteurs, je conseille quand même de soigner la forme. Cela prend que quelques minutes et je vais expliquer pourquoi ça peut avoir son importance. D’une part, c’est une marque de respect vis-à-vis de ses lecteurs. Je pense par exemple au journal de mon ami Majero, sur le forum phobiesociale.org, qui retrace son itinéraire au quotidien dans la quête de son identité et dans la découverte de son très probable autisme. Journal très suivi par nombreux internautes du forum qui ont souligné à chaque fois sa très belle écriture. Puis je pense au journal de Argon (témoignage phare du blog que vous pouvez retrouver dans notre rubrique Interviews), un homme timide amoureux et vierge tardif de 27 ans, qui avait beau parfois écrire des pavés impressionnants de quarantaine à cinquantaine de lignes, pourtant tous ses rapports étaient lus jusqu’au bout par les membres actifs de son topic ! Je reçois encore de temps en temps des retours positifs sur le témoignage de Argon : la plupart me racontent qu’ils ont lu en intégralité son journal depuis son premier rapport. Pas étonnant : Argon a un style d’écriture, il y a de l’émotion, de l’envie, de l’énergie dans ses compte-rendus.

Personnellement, je préfère lire un journal où je sens les qualités humaines de l’auteur, ses tourments ou ses joies, qu’un rapport froid et formel où l’auteur fixe continuellement ses objectifs. C’est pour ça que je préfère les deux genres mélangés comme je l’ai dit plus haut. Je préfère un journal où je puisse m’identifier, où se mélangent raison et émotion.

Puis, en soignant la forme, vous verrez que vous vous attacherez encore plus à votre journal. Il devient en quelque sorte votre bijou. Vous y accordez une certaine importance. Vous avez envie de le peaufiner, de l’actualiser, d’avoir des aventures à raconter à vos lecteurs. Cela multiplie par deux votre motivation


Les conseils que je donnerais au niveau de la forme :

  • Donner un titre à votre journal« Journal d’un évitant. »« Carnet de bord d’une étudiante timide. »« Mon combat. », etc… Ou un titre plus accrocheur et amusant : « Se sauver de la misère affective et sexuelle ! » ;-)
  • Eviter les gros blocs de textes uniformes : cela peut devenir vite lassant au lecteur. Aérer, sauter de temps en temps des lignes, mettre en gras les titres ou sous-titres. 
  • À chaque épisode, je conseille de numéroter ou de donner un titre. Par exemple, pour ma TCC Drague, j’écrivais « Episode 1 : ma première sortie OVS en groupe »« Episode 2 : j’ai réussi à aborder une fille. », etc… Non seulement c’est plus clair, mais de plus, ceux qui n’avaient pas suivi les précédents épisodes pouvaient plus facilement rattraper le cours du journal. Ce n’est pas un hasard si ma TCC Drague continuait à être lu même des mois et des mois après son arrêt et malgré une trentaine de pages de discussion ! 

Voilà, ce sont des trucs basiques qui prennent juste quelques minutes à faire et qui feront une différence auprès de vos lecteurs et de votre motivation personnelle. Si vous n’êtes pas convaincu, demandez-vous juste : pourquoi je lis tel journal et pas un autre ? Pourquoi j’ai envie de lire celui de cet internaute ? Il y a forcément une raison. Et la forme a certainement eu son mot à dire…


CRÉER SON JOURNAL DE BORD : EXEMPLES CONCRETS ET TÉMOIGNAGES

Comme d’habitude, je vais m’efforcer de donner des exemples concrets, des illustrations parlantes.

Pour les questions de fond et de forme, vous pouvez vous inspirer des journaux de deux de mes collègues du blog, Wendy et Alexandre, qui ont décidé récemment de se prêter à l’exercice du journal de bord (et l’occasion pour moi de vous annoncer l’ouverture d’un nouveau forum de discussion rattaché au blog et qui serait axé sur l’entraide et le développement personnel). ;-)

> Journal de bord de Wendy

> Journal : les 5 travaux de Alex

En guise de conclusion à cet article, je suis allé récolter le témoignage de Longtime, un internaute et habitué du forum phobiesociale.org. Son témoignage m’a intéressé parce que d’une part, il est inscrit sur le forum depuis six années (!), qu’il vit une situation pas très joyeuse au quotidien (toujours célibataire à 30 ans, habite chez ses parents et les problèmes de phobie sociale qui entourent sa vie), et il a enfin décidé de se bouger et de prendre son destin en main. En effet, il a créé un journal de bord pour s’auto-motiver. Il me livre pour cet article ses premières impressions. Voilà les propos qui m’ont été rapportés par Longtime :

Un journal de bord, c’est un peu un contrat qu’on passe avec soi même et avec ceux qui vous lisent, c’est stimulant et ça donne envie de se lancer des défis. Je viens de commencer à écrire, et je n’ai donc pas le recul nécessaire pour voir un changement, mais malgré tout, j’ai l’impression d’avoir découvert un outil très puissant, et lorsque je surmonte un obstacle dans la vie de tous les jours et que je le grave noir sur blanc, je sais qu’un jour ou l’autre c’est cette trace qui fera la différence car j’aurai le souvenir d’avoir déjà surmonté ce genre de situation.

Il ajoute :

Cet espace me permet de faire tomber mon armure parce que je sais que je peux choisir de rester anonyme, et quand je reçois un retour positif, je suis d’autant plus touché que cette personne a réagi à des mots qui viennent de ce que je suis vraiment. Je me sens moins seul dans mon combat et ça me donne envie de remercier ceux qui me suivent en leur montrant qu’on peut s’en sortir.


Au final, j’aurais envie de dire que tout outil qui permet de faire passer du statique au dynamique, du mode « Je ne fais rien de ma vie et je contemple » à « J’ai envie de m’en sortir et d’aller à la rencontre de l’inconnu » mérite d’être expérimenté. Et incontestablement, le journal de bord fait partie de cette catégorie d’outils. 

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6 commentaires

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  1. Wendy

    Très bon article comme d’habitude ! ;-)

    juste dommage qu’il n’y ait pas un lien vers tes TCC emploi et TCC drague. Elles sont toujours en ligne ?

  2. Elde

    Coucou Wendy,

    Non hélas, quand je m’étais désinscrit du forum PS, mes messages et mes journaux sont partis en même temps.
    Mais j’ai conservé des notes dans un manuscrit, dont la TCC Emploi en quasi-intégralité, peut-être qu’un jour, je les publierai. Je verrai. ;-)

    En attendant, les lecteurs devront se contenter de ton journal, ma chère Wendy. ;-) Et j’espère que tu l’emmèneras vers des horizons lointains et positifs ce journal, car je le surveille de près. :-p

  3. Alex

    J’aime beaucoup les propos de Longtime, il résume très bien toute la quintessence d’un journal.

    De même que l’article énonce très bien les bienfaits du journal.
    Avant que je n’ouvre le miens j’avais plus ou moins quelques idées de ce que j’attendais de la vie, mais tout ça restait imprécis, très diffus dans mon esprit.

    Le fait de les écrire, de les préciser, m’a fait voir ces objectifs non plus comme des choses que je ferai, mais comme des choses que je VAIS faire. Une nuance fondamentale.

    En écrivant mon journal, j’écris mon futur. C’est une expérience très agréable, c’est un peu comme partir à l’aventure de sa propre histoire, être son propre héros ; son propre modèle :-)

  4. Elde

    Merci Alex pour ton commentaire.
    D’ailleurs, il aurait autant mérité d’avoir une place dans cet article tant tu vises juste.

    Ta dernière remarque « comme partir à l’aventure de sa propre histoire, être son propre héros » me parle… fait resurgir de vieux souvenirs.

    Cet article m’a du coup fait énormément réfléchir. J’envisage de plus en plus de ré-ouvrir un journal en me servant pour la première fois du format du blogging. Je n’ai plus le dynamisme d’antan et… certes, j’ai vaincu la plupart de mes démons, de la timidité, de l’anxiété… mais je suis loin encore d’avoir réalisé mes rêves d’enfance. Il m’arrive parfois de déprimer parce que j’aurais tellement aimé avoir un boulot dans lequel je m’épanouirais pleinement et pouvoir échanger avec des personnalités que j’admire.

    Je vais y réfléchir. Mais si je relance un nouveau journal, je veux qu’il y ait quelque de nouveau, d’ambitieux, qui n’a jamais été fait jusque-là, tant sur le fond que sur la forme, et j’ai déjà quelques idées originales. D’où mon envie de peut-être revenir sur le devant de la scène. Je vais voir… ;)

    Elde

    1. Alex

      Ah génial :-) j’adhère.

    2. Wendy

      Super !
      Hâte de lire ça ;)

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